
Le secteur alimentaire français traverse une période difficile. Le 6 février, les Douanes ont révélé une baisse significative de la balance commerciale alimentaire. Pour la première fois depuis 25 ans, l'excédent commercial a chuté à 200 millions d'euros en 2025. Malgré ce constat alarmant, la France demeure le premier pays agricole d'Europe.
La balance commerciale alimentaire a connu une chute marquée. En 2024, l'excédent des produits agroalimentaires était de 4,4 milliards d'euros, mais il est tombé à seulement 500 millions en 2025. Les importations continuent d'augmenter, atteignant 64,4 milliards d'euros, soit une hausse de 8,5 % depuis 2020.
Bien que les exportations aient également progressé, notamment pour les préparations à base de cacao et de viande, elles restent insuffisantes pour compenser les importations. Les ventes de boissons, telles que les vins et spiritueux, ont également enregistré un recul de 7 %, notamment vers les États-Unis, où elles ont chuté de 20 % en raison des droits de douane.
Le solde agricole est désormais déficitaire, atteignant -300 millions d'euros, un niveau alarmant depuis l'an 2000. Bien que les ventes de denrées agricoles aient augmenté de 4 % en 2025, elles ne compensent pas la hausse des achats, notamment en raison des prix élevés du café et du cacao.
Cette situation alimente la colère des agriculteurs, qui font face à des crises multiples. Les importations alimentaires françaises, en partie dues à un accord de libre-échange avec le Mercosur, ont atteint 2 milliards d'euros. Cette dynamique défavorable soulève des inquiétudes quant à l'avenir du secteur.
Plusieurs facteurs expliquent cette crise. Thierry Pouch, économiste, évoque une parité euro-dollar dévastatrice, ainsi que l'augmentation des prix des matières premières. Les droits de douane imposés par l'administration Trump ont également commencé à avoir un impact négatif.
Au-delà des facteurs conjoncturels, des questions structurelles se posent. La France doit-elle revoir sa stratégie de production ? La nécessité d'une organisation plus cohérente des filières est essentielle pour répondre à une demande mondiale croissante, notamment en céréales et en viande.
La production agricole française est en déclin, avec moins d'exploitations et d'abattoirs. En 2014, la France représentait 19 % de la production européenne, mais ce chiffre est tombé à 16 % en 2025. La viande de volailles illustre cette crise, avec une production en baisse de près de 30 % depuis 1997.
En parallèle, la demande nationale a augmenté de 35 %, aggravant la balance commerciale. Les agriculteurs appellent à un sursaut pour faire face à cette situation sans précédent. Yannick Fialip, président du CNPA, réclame plus de liberté d'entreprendre et un meilleur accompagnement à l'export.
La situation actuelle du secteur alimentaire en France est préoccupante. Les agriculteurs, au cœur de la production alimentaire, expriment leur inquiétude face à des conditions de travail difficiles. Les parlementaires travaillent sur des mesures concrètes pour apaiser les tensions, surtout à l'approche du Salon de l'agriculture. Il est crucial de trouver des solutions pour redresser la balance commerciale et soutenir les agriculteurs dans cette crise.