
Les murales qui ornent les murs du stade de Qamishli racontent des décennies d'histoire du PKK. Ce parti a été fondé par le leader kurde Abdullah Öcalan. Ces œuvres illustrent des moments clés de l'évolution de cette formation, depuis ses débuts jusqu'aux confrontations récentes.
Chaque peinture dans le stade fait référence à des dates marquantes pour le PKK. Les dernières œuvres mettent en lumière la lutte des forces kurdes des Unités de Défense Populaire (YPG) contre l'État Islamique. Des événements comme "la résistance de Kobané" sont particulièrement soulignés.
Les inscriptions sur ces murales évoquent la détermination des Kurdes à ne pas céder à l'oppression. "Kobané est devenu le cœur d'un pays", déclare l'une des inscriptions, rappelant la victoire des YPG, alliés aux États-Unis, dans cette bataille cruciale.
À peine une décennie après ces événements épiques, la région de Qamishli est de nouveau en proie à des conflits. L'Administration Autonome du Nord et de l'Est de la Syrie (DAANES) a perdu le contrôle de plusieurs villages et villes. Leur territoire a diminué, passant de 50 000 à seulement 10 000 kilomètres carrés.
Walid Celo, du Centre d'Études Al Furat, déclare que "l'Administration Autonome est finie". La situation est devenue critique alors que les forces kurdes font face à des pressions croissantes de la part du régime syrien.
Les combats continuent autour de Kobané, où de nombreuses personnes sont piégées. La situation humanitaire s'aggrave, avec des pénuries d'électricité et d'eau. Nasrin Abdullah, leader des unités féminines de YPG, souligne que "la nourriture sera bientôt un problème".
Malgré un prétendu cessez-le-feu, les attaques persistent. La population vit dans la peur, surtout après qu'un drone a frappé un hôpital, causant des dégâts mais sans victimes.
La débâcle kurde a suscité une réaction forte au sein de la communauté. De nombreux Kurdes expriment leur frustration face à l'inaction de la communauté internationale, notamment des Nations Unies. Les slogans anti-ONU sont visibles dans la ville.
Les tensions entre Kurdes et Arabes s'intensifient. Beaucoup craignent que la capture de Qamishli par l'armée syrienne ne force les Kurdes à fuir. Des activistes dénoncent la montée du discours de haine entre les communautés.
La situation à Qamishli illustre les défis auxquels les Kurdes font face dans un contexte de guerre et de trahisons. Alors que les rêves d'une coexistence pacifique s'effondrent, le combat pour la survie et la dignité continue. Les Kurdes restent déterminés à défendre leur cause, malgré les adversités croissantes.