
Yumnam Khemchand Singh a prêté serment en tant que nouveau ministre en chef de Manipur, un État indien du nord-est. Ce changement intervient après un an de règle fédérale directe imposée suite à des violences ethniques ayant causé plus de 260 morts. Singh, ceinture noire de taekwondo, hérite d'un État marqué par des conflits entre les communautés Meitei et Kuki-Zo.
Depuis les violences de 2023, les communautés sont largement séparées, vivant dans des régions distinctes. Des milliers de personnes ont été déplacées de leurs foyers. Singh, bien qu'enseignant le taekwondo depuis des années, est également un homme politique expérimenté. Il a été élu pour la première fois en 2017 et a occupé divers postes, y compris celui de ministre d'État.
Alors qu'il prend ses fonctions, la question se pose : peut-il ramener la paix ? Les avis sont partagés. Certains habitants de Manipur voient en lui un espoir, tandis que d'autres restent sceptiques. Pradip Phanjoubam, de l'Imphal Review of Arts and Politics, souligne que les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la situation.
Malgré son arrivée au pouvoir, les tensions à Manipur demeurent vives. Le 21 janvier, un homme de la communauté Meitei a été tué dans une zone dominée par les Kuki-Zo. Cette tragédie s'inscrit dans une série de meurtres liés au conflit. Peu après l'investiture de Singh, des manifestations ont éclaté, bloquant routes et marchés.
Des groupes de la société civile Kuki-Zo ont dénoncé la participation de certains législateurs à la formation du nouveau gouvernement, qualifiant cela de trahison. Ils réclament un arrangement administratif distinct pour les zones Kuki-Zo. La composition du cabinet, avec des ministres issus des deux communautés, vise à équilibrer la représentation ethnique.
Malgré les défis, certains leaders, comme Sunzu Bachapatiyum, expriment leur optimisme quant à la capacité de Singh à rassembler les communautés. Il est perçu comme un politicien capable d'établir des relations de travail à travers les groupes. Ce soutien législatif est vu comme un signe d'acceptabilité dans un climat tendu.
Des voix comme celles de Mang Khongsai, leader étudiant Kuki, insistent sur le fait que la paix nécessite plus que l'absence de violence. Elle requiert confiance, justice et sincérité politique. De plus, des experts soulignent que le désarmement des groupes ethniques armés est essentiel pour une paix durable.
Le retour d'un gouvernement élu à Manipur offre un espace pour l'engagement politique. Toutefois, la méfiance profonde entre les communautés persiste. La paix dépendra de l'utilisation de cette autorité pour reconstruire la confiance, plutôt que de simplement rétablir la normalité administrative.