
Un mot dans les médias a suffi pour allumer une dispute politique entre Québec solidaire et un entrepreneur connu du public. Quand François Lambert a traité la proposition du parti sur la taxation des ultra-riches de « ridicule » et leur a dit de « se la fermer », Ruba Ghazal n’a pas pris de gants : « Je ne me tairai jamais », a-t-elle répliqué.
Le congrès de Québec solidaire se tient au centre‑ville de Montréal. La proposition présentée samedi vise à augmenter la taxation des ultra‑riches du Québec. Autant dire que le sujet était taillé pour la controverse : fiscalité, justice sociale et capacité de financement de l’État se croisent, et chacun a sa lecture.
François Lambert, entrepreneur et commentateur fréquent, a saisi l’occasion pour critiquer le parti. Sa sortie — sèche, imagée — a été reprise largement sur les réseaux et dans les médias, amplifiant la tension liée au congrès. Les opposants à la mesure voient dans ce type de taxation un signal politique fort, susceptible de polariser l’électorat et d’attirer autant d’éloges que de réprobations.
De son côté, Ruba Ghazal, co‑porte‑parole de Québec solidaire, a choisi la fermeté. Sa phrase, simple et répétée, n’est pas qu’un geste de défense personnelle : elle signale que la question de la redistribution reste centrale pour son parti et qu’il n’entend pas reculer face aux pressions publiques. Sans détailler ici les mécanismes précis de la taxe, elle a laissé entendre que le débat dépasse les attaques ad hominem ; il s’agit, selon elle, de redéfinir une fiscalité plus équitable.
Ce face‑à‑face médiatique est révélateur plus qu’original. Il montre comment une proposition de politique publique peut devenir un marqueur identitaire instantané, utilisé par les commentateurs et les entrepreneurs comme François Lambert pour mobiliser une audience. Il montre aussi que Québec solidaire mise sur la clarté et la confrontation plutôt que sur le retrait face aux critiques.
La portée réelle de cette querelle ne se mesurera pas seulement aux titres de journaux. Elle dépendra des précisions que donnera le parti sur le projet de taxation, de la manière dont les adversaires feront campagne et, in fine, de la réception de l’électorat québécois. Pour l’instant, l’échange a le mérite d’être net : Québec solidaire propose d’augmenter les impôts des ultra‑riches; François Lambert l’attaque frontalement; Ruba Ghazal refuse d’être bâillonnée.