
La récente décision de la Cour Suprême représente un revers significatif pour l'agenda de Trump en vue de son second mandat. Depuis des mois, Trump avertissait que ce type de décision serait catastrophique. Il avait qualifié une limitation de ses capacités à imposer des tarifs d'« échec économique et de sécurité nationale ».
Le verdict, rendu par une majorité de six juges, a déclaré que c'était au Congrès et non au président d'imposer des tarifs. Les juges ont précisé que la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence de 1977 ne conférait pas de tels pouvoirs étendus à Trump.
Lors d'une conférence de presse organisée en urgence, Trump a vivement critiqué les juges qui ont voté contre lui. Il a exprimé sa déception envers les trois juges conservateurs qui ont annulé ses tarifs et a qualifié les juges libéraux de « disgrâce ». Il a promis de réimposer des tarifs en utilisant d'autres lois.
Trump a annoncé un nouveau tarif global temporaire de 10 % qu'il prévoyait de signer. Cette décision de la Cour représente un rare contrôle sur l'utilisation étendue de l'autorité exécutive par le président, qui avait jusqu'ici bénéficié d'une certaine liberté d'action.
Cette décision ferme la porte à une utilisation expansive des pouvoirs présidentiels. D'autres affaires importantes, touchant des questions controversées comme la citoyenneté de naissance, pourraient également poser des défis à Trump dans les mois à venir.
Cette situation affaiblit la position de Trump dans ses négociations avec d'autres pays, érodant son image d'invincibilité. Les partenaires commerciaux des États-Unis pourraient être incités à adopter une ligne plus ferme face à un président dont les pouvoirs tarifaires ont été restreints.
La décision pourrait également forcer l'administration Trump à restituer une partie des revenus tarifaires perçus l'année dernière. Bien que la Cour ait laissé cette question épineuse à un tribunal inférieur, Brett Kavanaugh a averti que le processus pourrait devenir un « désordre ».
Trump avait eu le temps de se préparer à ce verdict. Les précédents de la Cour Suprême et l'attitude de nombreux juges lors des plaidoiries avaient déjà laissé présager un résultat défavorable pour le président.
Malgré la décision, l'administration Trump a encore des options à explorer. Cependant, celles-ci nécessitent des rapports détaillés des agences gouvernementales pour justifier l'imposition de nouveaux tarifs, ce qui limite leur portée et leur durée.
Les jours où le président pouvait menacer d'imposer des tarifs à trois chiffres d'un simple coup de stylo sont révolus. Les nouveaux tarifs nécessiteront un délai de préparation plus long, permettant aux autres nations de mieux se préparer à leurs réponses.
La décision de la Cour Suprême a des répercussions profondes sur la politique commerciale de Trump et son image. Alors qu'il se prépare à son discours sur l'état de l'Union, il se retrouvera face aux juges qui ont contesté l'un des piliers de son agenda. Cette situation pourrait redéfinir le paysage politique et économique pour les mois à venir.