
La polémique provoquée par Éric Lombard continue de faire des vagues. L’ancien ministre de l’Économie a déclaré que Bercy détenait une liste des contribuables français fortunés ne payant aucun impôt sur le revenu. Cependant, son successeur, Roland Lescure, a affirmé que ce document n'existe pas. Ce désaccord soulève des questions sur la transparence fiscale en France.
Ce vendredi, Amélie de Montchalin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a défendu la taxe holding sur France 2. Cette mesure fiscale vise à éviter que les très riches aient une imposition minime par rapport à leurs revenus. Lombard a chiffré en « milliers » le nombre de Français ne payant aucun impôt sur le revenu, malgré des ressources confortables.
Lors d'une interview à Libération, Éric Lombard a affirmé que la Direction des Finances publiques (DGFiP) possédait la liste des contribuables concernés. Amélie de Montchalin a démenti ces propos, en précisant que les noms des contribuables avec des revenus fiscaux de référence très bas ne sont pas disponibles à Bercy.
Face aux démentis, Éric Lombard a maintenu ses déclarations, tandis qu'Amélie de Montchalin a insisté sur l'importance de la taxe holding. Elle a souligné que cette mesure vise à répondre à une situation de suroptimisation fiscale. Le gouvernement espère ainsi remédier aux faibles taux d’imposition des plus riches, mais la mise en place de cette taxe dépendra du vote du budget pour 2026.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a repoussé ce vote, souhaitant prendre « plus de temps » pour ne pas bâcler le processus. Une prise de parole est attendue ce vendredi pour clarifier la situation. La taxe est critiquée à la fois par la droite, qui la considère comme une surtaxation, et par la gauche, qui la juge insuffisante.
La question de la justice fiscale est au cœur du débat. En 2024, moins de la moitié des foyers fiscaux a payé un impôt net, en grande partie en raison de revenus insuffisants. Selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP), les 10 % de foyers à très hauts revenus acquittent 76 % de l’impôt sur le revenu payé par l’ensemble des contribuables.
Cette étude a mis en lumière la forte régressivité du taux d’imposition global pour les 0,1 % de Français les plus riches. Cela s’explique par la structure de leur patrimoine, souvent rémunéré annuellement par des bénéfices non distribués. En revanche, l'impôt sur les sociétés a un taux fixe de 25 %, tandis que le taux d’imposition des salaires peut atteindre 45 %.
La polémique autour de la taxe holding et des contribuables fortunés soulève des interrogations sur la fiscalité en France. Alors que le gouvernement cherche à instaurer des mesures pour réduire les inégalités fiscales, les débats se poursuivent. La mise en œuvre de solutions efficaces reste un défi majeur pour l'administration fiscale.