
Deux cents dirigeants du secteur de l’hospitalité et des loisirs ont demandé l'abrogation d'une taxe sur les vacances en Angleterre. Le gouvernement envisage de permettre aux maires et autres dirigeants locaux d'introduire une taxe touristique modeste pour générer des revenus. Cependant, cette proposition suscite des inquiétudes parmi les entreprises locales.
Des entreprises majeures telles que Butlin's, Hilton, et Travelodge ont averti que cette taxe pourrait nuire aux affaires locales. Dans une lettre adressée à la chancelière Rachel Reeves, elles ont souligné que les vacances devraient être un moment de détente, et non de taxation. Selon elles, une taxe de 2 £ par personne et par nuit pourrait augmenter le coût des vacances de 100 £ ou plus pour une famille.
Les entreprises craignent que cette taxe pousse les familles à réduire la durée de leurs séjours, à annuler leurs voyages ou à se tourner vers des destinations à l'étranger. Cela pourrait avoir un impact significatif sur l'économie locale, car les visiteurs dépensent habituellement leur argent dans la région.
Le gouvernement envisage que la taxe soit calculée en fonction du coût de l’hébergement, plutôt que d'un tarif fixe. Les maires locaux devraient déterminer le niveau approprié pour leur zone. La consultation sur ce sujet se termine le 18 février. Actuellement, l'Écosse et le Pays de Galles ont déjà le pouvoir d'appliquer une taxe sur les visiteurs.
Des villes écossaises prévoient d'introduire cette taxe cet été, tandis qu'une version galloise ne sera mise en place qu'en 2027. L'Irlande du Nord, quant à elle, n'a pas de projet similaire pour le moment.
Dans certaines régions d'Angleterre, des taxes existent déjà sous forme de levy que des groupes d'entreprises d'hospitalité ont convenu d'ajouter à leurs factures. Par exemple, à Manchester, une taxe de 1 £ par chambre a été introduite en 2023, générant 2,8 millions de livres la première année.
Cette somme a servi à financer des campagnes visant à encourager les séjours pendant les mois de faible occupation. D'autres villes comme Liverpool ont également mis en place des taxes similaires, ce qui prouve que ce système peut fonctionner.
Allen Simpson, directeur général de UKHospitality, a exprimé ses préoccupations concernant les taxes déjà élevées au Royaume-Uni. Il a déclaré que ces propositions risquent d'alourdir le coût des vacances, ce qui pourrait décourager les visiteurs. Selon lui, le gouvernement devrait promouvoir le tourisme plutôt que de le taxer.
À partir de cet été, Édimbourg appliquera une taxe de 5 % sur les réservations d'hôtels et de B&B. D'autres villes comme Aberdeen et Glasgow ont également convenu d'introduire une taxe sur les visiteurs, tandis que certaines régions, comme Orkney et Shetland, ont rejeté cette idée.
La question de la taxe de vacances en Angleterre soulève de nombreuses préoccupations parmi les acteurs de l'hospitalité. Alors que le gouvernement cherche à générer des revenus, les entreprises locales craignent que cela ne nuise à leur activité. Un équilibre devra être trouvé pour soutenir à la fois l'économie locale et le secteur du tourisme.