
Tesla cale en Europe. En janvier, la marque a immatriculé moins de 8 100 véhicules sur le périmètre Union européenne, Royaume‑Uni, Suisse, Norvège et Islande, soit une baisse de 17% sur un an et le treizième mois consécutif de recul. Sa part de marché est tombée à 0,8%, contre 1% il y a un an.
Le chiffre donne le ton : après des années d’avance technologique et d’image quasi mythique, Tesla voit sa position grignotée. Les ventes s’effondrent là où d’autres trouvent maintenant leur public, et le phénomène ne tient pas qu’à la conjoncture. L’offre s’est densifiée et les prix se transforment : on trouve aujourd’hui beaucoup plus d’alternatives électriques bon marché, neuves comme d’occasion.
Pour expliquer ce glissement, plusieurs facteurs se conjuguent. D’abord, l’arrivée sur le marché européen de modèles électriques abordables — notamment venus de BYD, mais aussi de marques comme MG ou ZEEKR — donne aux consommateurs des choix nouveaux et souvent moins chers.
Ensuite, l’absence de renouvellement produit chez Tesla pèse : la marque manque de nouveaux modèles capables de raviver l’intérêt. Enfin, un flux important de voitures de première génération, remises sur le marché après 4 à 6 ans de location, a fait baisser les prix de la seconde main, rendant les Tesla d’occasion plus accessibles et donc moins différenciantes.
« L’image de Tesla s’est détériorée en Europe l’année dernière et les consommateurs ont désormais beaucoup plus de choix », note l’analyste Rico Luman, soulignant que la combinaison d’une offre neuve compétitive et d’une importante arrivée de modèles d’occasion a changé la donne. Dès lors, la marque qui dominait l’électrique se retrouve prise entre une guerre des prix et un besoin urgent d’innovation produit.
Le terrain commercial se transforme rapidement. Pour inverser la tendance, Tesla devra soit relancer son catalogue avec des modèles convaincants, soit revoir sa stratégie tarifaire et son réseau après‑vente en Europe. À défaut, la marque risque de perdre encore du terrain face à des concurrents qui poussent sur le volume et l’accessibilité.
En résumé : les atouts d'hier ne suffisent plus. En Europe, Tesla n’est plus l’unique option électrique — et la combinaison d’une offre neuve concurrente et d’un marché d’occasion abondant rend la bataille pour les parts de marché beaucoup plus âpre.