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Le Texas modifie les programmes d’études sociales, jugés trop centrés sur l’État

Drapeau du Texas flottant devant un bâtiment scolaire, avec des manuels d’études sociales sur un bureau

Réécriture des programmes: quoi de neuf pour 5,5 millions d'élèves

Le Texas réécrit son programme d'histoire et de sciences sociales pour les écoles K‑12 — un chantier qui touchera les plans de cours et les manuels de plus de 5,5 millions d'élèves. L'année dernière, le State Board of Education a adopté un cadre qui recentre l'enseignement sur l'histoire du Texas et des États‑Unis, privilégie l'ordre chronologique et réduit la place consacrée à l'histoire mondiale. Pour ses opposants, ce n'est pas une simple mise à jour : c'est une réorientation idéologique.

Contenu et structure: chronologie et accent texan

Le nouveau cadre demande dès la maternelle que l'on étudie des personnes, événements et lieux fondateurs du Texas et des États‑Unis; de la troisième à la septième année, l'enseignement serait organisé chronologiquement avec un accent fort sur le Texas; la huitième mettrait l'accent sur « le Texas comme leader dans la nation et le monde ». Les cours de lycée spécialisés, comme la géographie mondiale ou les études mexicano‑américaines, restent, mais subiraient aussi des modifications.

« C'est un énorme changement. Les enseignants vont devoir apprendre tout un nouveau contenu », met en garde Meghan Dougherty, membre d'un groupe de travail. « Tous les plans de leçon actuels vont être jetés. »

Critiques concrètes: qui a été choisi et quelles compétences sont prises en compte

Les critiques pointent plusieurs problèmes concrets. Le conseil a nommé neuf conseillers académiques pour revoir les projets, mais des groupes dénoncent un biais conservateur chez certains d'entre eux et relèvent que la plupart n'ont pas d'expérience d'enseignement K‑12.

Dougherty s'inquiète que des sujets soient définis comme « standards » pour des enfants de six ans par des personnes qui ignorent leurs capacités cognitives. Elle ajoute que le découpage saute d'anciennes civilisations directement à l'histoire texane, rendant difficile pour les plus jeunes de tisser des liens et d'abstraire des idées.

Omissions historiques et débats sur ce qui doit être enseigné

La controverse n'est pas que pédagogique. Des éducateurs reprochent au texte d'effacer ou de minimiser certains épisodes : l'internement des Japonais‑Américains durant la Seconde Guerre mondiale, l'opposition à la lutte pour les droits civiques ou les contributions positives de l'islam sont, selon eux, absents ou réduits.

Certains passages mélangeraient religieux et histoire, présentant la figure biblique de Moïse comme un personnage historique. « La vraie question est : quelle histoire va être réduite au silence, et laquelle va être enseignée? » résume Yolanda Chávez Leyva, conseillère nommée au dossier, en évoquant des débats sur des termes aussi basiques que « autochtone » ou « Native American ».

Logistique et calendrier: former enseignants, remplacer manuels

Sur le plan pratique, le défi logistique est énorme : former plus de 320 000 enseignants, remplacer manuels et ressources, le tout alors que de nombreux districts sont en déficit. « Quand allons‑nous apprendre tout ça et qui va payer? » s'interroge Amy Ceritelli, enseignante et membre d'un groupe de travail.

Le conseil tiendra une première lecture et écoutera des témoignages publics le 7 avril; un vote final est attendu en juin. Le nouveau programme n'entrerait en vigueur qu'à l'automne 2030, le temps de produire les matériaux pédagogiques.

La nouvelle norme touchera les plans de cours et les manuels de plus de 5,5 millions d'élèves au Texas. Le conseil pourrait voter la version finale en juin; le programme n'entrerait en vigueur qu'à l'automne 2030.

Publié le : 7 avril 2026
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