
Dans une salle sobre et élégante, où le bois clair prédomine, se déroule une pièce captivante. Le mobilier d’un cabinet de psychanalyse est soigneusement agencé, offrant un cadre propice à l’introspection. Au fond, un rayonnage de livres, sous une grande baie vitrée, dévoile un jardin aux couleurs changeantes qui symbolise le temps qui passe.
Gwenaëlle, jeune novice, doute de sa vocation alors qu'elle s'apprête à prononcer ses vœux. Elle consulte à distance depuis sa cellule, une ambiance qui accentue son doute et ses questionnements. Son parcours est un reflet des incertitudes qui habitent de nombreux jeunes en quête de sens.
Eva, une jeune traductrice, lutte avec un passé traumatique et enchaîne les aventures amoureuses. Thomas, policier de la Brav-M, porte le poids d'un acte tragique, ayant abattu un manifestant. Chacun de ces personnages apporte une dimension unique à la dynamique des séances.
Les séances se succèdent sur le canapé, créant une atmosphère où les confidences se mêlent à des moments de légèreté. L’analyste, interprété par Francis Huster, partage aussi ses propres angoisses, ajoutant une profondeur à son personnage. Cette dualité entre analyste et patients enrichit le récit.
Les échanges sont variés et rythmiques, orchestrés par Charles Templon dans une mise en scène élégante. Les jeunes comédiens, Yann Gaël, Tess Lavergne et Raphaëlle Rousseau, insufflent fraîcheur et sincérité à l'ensemble. Chaque interaction révèle des couches de complexité émotionnelle, mais reste parfois en surface.
Cette pièce, librement adaptée de la série israélienne « Betipul », tente de condenser des relations profondes en moins d'une heure et demie. Cela représente un défi majeur : éviter la superficialité tout en maintenant l'intensité des échanges. Malheureusement, la construction de la pièce peine à capturer cette essence.
En somme, cette séance de psychanalyse nous laisse sur notre faim. Malgré des performances investies et une mise en scène séduisante, l'ensemble ne parvient pas à nous convaincre. On aurait souhaité une connexion plus profonde avec les personnages, mais la pièce semble rester à la porte de notre intimité.