
Des milliers de prisonniers politiques sont toujours enfermés dans les prisons des dictatures de Venezuela, Nicaragua et Cuba. Cependant, ces derniers mois, une pression croissante, notamment de la part de Donald Trump, a commencé à provoquer des changements notables. Les régimes autoritaires de ces pays montrent désormais des signes d'ouverture envers ceux qui ont été emprisonnés injustement.
La récente annonce d'une amnistie par Delcy Rodríguez est un exemple de cette évolution. Ce type de mouvement n'est pas inédit en Amérique Latine. Par exemple, le 10 janvier, le régime de Daniel Ortega au Nicaragua a libéré de nombreuses personnes, y compris des journalistes et des leaders religieux, après que l'ambassade des États-Unis à Managua ait plaidé en faveur de ces libérations.
Cette pression a été accentuée par la déclaration des États-Unis, qui ont souligné que, bien que le Venezuela ait libéré un grand nombre de prisonniers politiques, plus de 60 personnes restaient injustement détenues au Nicaragua. Le régime nicaraguayen a justifié ces libérations en les présentant comme un geste pour célébrer les 19 ans de pouvoir de Daniel Ortega.
En novembre 2025, une autre libération de prisonniers politiques a eu lieu au Nicaragua, bien que beaucoup aient été contraints de purger leur peine à domicile. Les États-Unis avaient longtemps réclamé la libération de ceux arrêtés lors des manifestations de 2018. Ces événements avaient été marqués par une répression violente, entraînant la mort de 355 personnes, selon la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme.
En septembre 2024, le régime sandiniste a libéré 135 opposants, qui ont été expulsés vers le Guatemala après des négociations avec les États-Unis. Cette stratégie a déjà été appliquée avec les 222 prisonniers politiques déportés en février 2023, que la dictature a qualifiés de «traîtres à la patrie».
En Cuba, la situation est différente. Malgré la pression d'organisations comme Amnesty International, aucune loi d'amnistie formelle n'a été promulguée. Selon le dernier rapport de Prisoners Defenders, Cuba a terminé l'année 2025 avec 1 197 personnes incarcérées pour des raisons politiques. Ce chiffre inclut 134 nouveaux prisonniers enregistrés l'année précédente.
La dernière grande libération de prisonniers a eu lieu le 14 janvier 2025, lorsque les autorités cubaines ont annoncé qu'elles libéreraient 553 personnes, principalement arrêtées lors des manifestations du 11 juillet 2021. Cette décision a conduit le gouvernement américain à retirer Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme.
Au-delà de ces libérations, plusieurs pays d'Amérique Latine ont mis en place des lois d'amnistie pour tourner la page sur les dictatures. Ces lois ont souvent accordé une immunité à ceux qui ont commis des violations graves des droits humains. Des exemples incluent l'Argentine, le Chili, l'Uruguay, le Pérou et El Salvador.
Bien que ces lois aient été adoptées dans un souci de paix sociale, certaines ont été annulées des années plus tard. En Argentine, les lois de Point Final et d'Obéissance Due ont été annulées en 2005, permettant de juger de nombreux militaires de la dictature. En revanche, la loi d'amnistie chilienne de 1978 reste en vigueur, bien qu'elle ne puisse pas être appliquée dans les cas de droits humains.
Les récents développements en matière d'amnistie en Amérique Latine montrent un changement potentiel dans la manière dont les régimes autoritaires traitent leurs opposants. Cependant, la lutte pour les droits humains et la justice continue d'être un combat difficile, marqué par des défis constants et une impuissance persistante face aux violations passées.