
En apprenant la nouvelle, Denise Fergus confie avoir ressenti « une douleur que je croyais guérie » : « Aujourd'hui, j'ai senti mon cœur se briser une fois de plus », écrit-elle, avant d'ajouter avec amertume : « Je suis dévastée que quelqu'un puisse être aussi cruel et faire autant de mal à mon James. »
Cet acte de vandalisme ravive un chagrin personnel profond, et la mère du garçon dit ne pas comprendre comment on peut infliger une telle souffrance à la mémoire d'un enfant.
Dans l'après-midi du jeudi 26 février, vers 16h20, la police a été appelée au cimetière de Kirkdale, à Liverpool, où des agents ont constaté que la tombe avait été ciblée : une petite statue d'ange avait été arrachée puis jetée dans une poubelle à proximité, et un ours en peluche jaune, déposé en hommage, avait disparu.
Selon les premières estimations, les dégradations se sont produites entre 9h00 et 15h00, période pendant laquelle le cimetière était accessible au public ; dès lors, les enquêteurs examinent les images de vidéosurveillance et recherchent des témoins qui auraient pu voir quelque chose pendant ces heures.
Auprès des médias, l'inspecteur Chris Taylor, de la police du Merseyside, a qualifié l'acte d'« complètement abject » et a rappelé l'horreur que suscite la profanation d'une sépulture : « Il est véritablement choquant de penser que quelqu'un puisse commettre un acte aussi épouvantable. »
Il a également lancé un appel urgent : « Si vous étiez dans le secteur et avez vu quelque chose de suspect ou disposez d'informations sur ce qui s'est passé, veuillez nous contacter en urgence. » Les autorités insistent sur la nécessité de retrouver rapidement les responsables.
Cette profanation prend un relief particulier au regard de l'histoire tragique qui entoure la sépulture : en 1993, le petit James Bulger, âgé de deux ans, avait été enlevé dans un centre commercial de Bootle, puis transporté sur plus de deux miles par deux garçons de dix ans jusqu'à une voie ferrée où il a été torturé et tué.
L'affaire, impliquant Robert Thompson et Jon Venables, avait alors provoqué un tollé national et relancé le débat sur l'âge de la responsabilité pénale ; ainsi, la profanation ne blesse pas seulement une famille, elle ranime une ancienne douleur partagée par la communauté.
Les proches de la famille et les habitants de Liverpool attendent désormais que la police identifie les auteurs et explique les motivations de cet acte ; en effet, au-delà du geste matériel, c'est la mémoire d'un enfant et le respect des lieux de recueillement qui ont été atteints.
Pour l'heure, l'enquête se poursuit, les forces de l'ordre poursuivant l'examen des images et appelant toute personne disposant d'informations à se manifester afin d'aider à faire la lumière sur cette profanation.