
Des agriculteurs en colère prévoient de manifester mardi matin à Paris avec plusieurs centaines de tracteurs. Cette action fait suite à des opérations menées lundi, ciblant les ports français, symbole du libre-échange international, ainsi que des autoroutes. La FRSEA Grand Bassin parisien, qui inclut l’Île-de-France et d'autres départements voisins, organise cette manifestation pour demander des actes concrets en faveur de la souveraineté alimentaire.
Les manifestants se rassembleront place de la Concorde « vers 6-7 heures » du matin. Environ 250 tracteurs devraient arriver des Hauts-de-France, a précisé Benoît Raux, secrétaire général de la FDSEA du Nord. Ils proviennent du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme et de l’Oise, et leur présence vise à faire entendre leurs revendications.
Les agriculteurs ont également ciblé les ports français et les autoroutes dans leur lutte. À l’approche de la signature de l’accord avec le Mercosur, prévue samedi au Paraguay, des barrages filtrants ont été mis en place au port du Havre, ainsi que des blocages à Bayonne et La Rochelle. Un autre barrage a été établi près de Lille sur l’autoroute A1, la plus fréquentée du pays.
Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes, rassemblant entre plusieurs dizaines et plusieurs centaines de participants. Les lieux concernés incluent Metz, Pau, Périgueux, Poitiers, Dax et Limoges, à l'initiative de différents syndicats. Ces actions témoignent de la colère croissante des agriculteurs face à la situation actuelle.
Le traité avec le Mercosur, qui regroupe l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, est le résultat de plus de 25 ans de négociations. Ses partisans le considèrent comme essentiel pour stimuler les exportations et soutenir l'économie du continent. De plus, il pourrait renforcer les liens diplomatiques dans un contexte d’incertitude mondiale.
Cependant, ses détracteurs craignent que cet accord ne menace l’agriculture européenne. Ils soulignent que les produits importés d’Amérique latine pourraient être moins chers et ne respecteraient pas toujours les normes de l’UE, en raison d’un manque de contrôles suffisants.
La colère des agriculteurs a été reconnue par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Elle a affirmé que leurs revendications sont légitimes et qu'elles sont entendues au plus haut niveau du gouvernement. Malgré l'annonce de mesures en faveur des agriculteurs, telles que 300 millions d’euros d’aides, la mobilisation continue.
Une grande partie de cette enveloppe dépend de l’adoption du budget 2026. De plus, la ratification du traité avec le Mercosur nécessite encore un vote au Parlement européen, prévu pour février. Un rassemblement d’agriculteurs est également prévu devant le siège du Parlement à Strasbourg le 20 janvier.
La manifestation des agriculteurs à Paris illustre une insatisfaction croissante face à la politique agricole actuelle. Alors que les tensions autour de l'accord avec le Mercosur s'intensifient, il est crucial que le gouvernement prenne en compte les préoccupations légitimes des agriculteurs. L'avenir de la souveraineté alimentaire en France est en jeu.