
À partir du lundi 30 mars, les polices ferroviaires et les agents de sûreté privés qui opèrent dans les transports en commun disposent de nouveaux pouvoirs pour intervenir plus vite et plus loin. Philippe Tabarot l’a résumé sans détour : « Les agents de police ferroviaire et les agents de police de sûreté ont, depuis hier, (…) des pouvoirs renforcés. C’est le fruit d’une loi que j’ai portée comme sénateur et que j’ai pu faire ensuite voter comme ministre sur la sûreté dans les transports. »
Le décret d'application de la loi du 28 avril 2025 est paru au Journal officiel dimanche. Quatre mille agents de la SUGE (SNCF) et du GPSR (RATP) voient leurs pouvoirs renforcés.
Concrètement, les agents obtiennent la possibilité de pratiquer des fouilles et des palpations, de saisir des armes et des objets dangereux, et de patrouiller aux abords immédiats des gares et stations de métro. Ils pourront aussi interdire l’accès aux « individus indésirables » et saisir la marchandise liée à la vente à la sauvette, y compris hors des circulations, afin de couper court aux trafics qui perturbent les réseaux.
Le texte étend aussi les compétences des sociétés de sécurité privées intervenant dans les transports. Ces agents pourront enjoindre des personnes troublant l’ordre public à quitter les lieux ou les véhicules ; le décret précise par ailleurs les modalités de leur formation. L’objectif affiché : accélérer la gestion des incidents et prévenir les atteintes à la sûreté des voyageurs.
Le bilan 2025 donne le contexte de ces mesures : 104 700 victimes de vols, de violences ou d’escroqueries ont été recensées dans les transports en commun l’an passé, un chiffre en recul de 2 % par rapport à 2024. Toujours en 2025, 21 millions de Français ont utilisé les transports collectifs au moins une fois par mois, selon l’observatoire de la mobilité. La loi portée par M. Tabarot vise à « rendre les transports collectifs plus attractifs » en renforçant la sécurité. Elle autorise aussi la généralisation de plusieurs outils technologiques : caméras-piétons pour les agents de contrôle, caméras dans les tramways et, à titre expérimental, l’usage des pistolets à impulsion électrique par certains agents de la SUGE et de la RATP.
Ces nouveaux pouvoirs répondent à une logique de terrain — accélérer et élargir la riposte face aux incivilités et aux délits — mais soulèvent inévitablement des questions sur les garanties, la formation et le cadre d’usage des armes à impulsion électrique. Ainsi, la mise en œuvre du décret sera rapidement scrutée, tant par les usagers que par les associations et les élus, à l’heure où la fréquentation des réseaux est remontée et où la confiance reste fragile.