
Un groupe de travailleurs humanitaires a été acquitté en Grèce après avoir été accusé de traite des êtres humains pour avoir secouru des migrants sur l'île de Lesbos. Ces 24 anciens bénévoles, arrêtés il y a sept ans, faisaient face à des accusations graves et auraient pu purger jusqu'à 20 ans de prison. Leur travail pour une ONG entre 2015 et 2018 a été crucial alors que des centaines de milliers de migrants traversaient la mer Égée.
Les accusations portées contre ces bénévoles ont suscité une large critique de la part des agences d'aide et des défenseurs des droits humains. Ils ont considéré cette affaire comme une tentative de criminaliser l'aide humanitaire, avec des répercussions significatives sur la politique migratoire en Europe. Parmi les accusés se trouvait Sara Mardini, une ancienne migrante syrienne, dont l'histoire a été adaptée dans le drame Netflix, "The Swimmers".
Les arrestations ont eu lieu en 2018, et bien que certaines accusations aient été abandonnées en 2023, le procès a débuté récemment pour d'autres charges, notamment la facilitation de l'entrée illégale de personnes en Grèce. Le juge Vassilis Papathanassiou a déclaré que tous les accusés étaient acquittés car leur intention était d'apporter une aide humanitaire.
Durant le procès, un officier de police a témoigné sur l'utilisation par les accusés d'un service de messagerie crypté, WhatsApp, pour partager des informations sur les bateaux transportant des migrants. Il a confirmé que ces informations n'avaient pas été transmises aux autorités grecques. Cependant, un officier de la garde côtière a affirmé que les bénévoles avaient collaboré étroitement avec son organisation.
Le juge a précisé qu'une groupe de communication en ligne ne pouvait pas être considéré comme une organisation criminelle. Il a ajouté que "sauver une vie humaine ne peut pas être considéré comme une facilitation de l'entrée illégale". Aucun des accusés n'a tenté d'échapper aux contrôles des autorités.
Après le verdict, Zacharias Kesses, avocat de Sara Mardini, a exprimé son étonnement face à la durée de la procédure. Il a déclaré : "Il est incroyable que cela ait pris 2 889 jours pour que le procureur réalise que l'accusation n'avait aucun sens." Sean Binder, un autre accusé, a partagé son soulagement tout en exprimant sa colère face à la lenteur du processus judiciaire.
Binder a également évoqué l'impact des accusations sur sa vie personnelle, se disant frustré de ne pas avoir pu exercer en tant qu'avocat pendant cette période. "J'avais espéré avoir un emploi et une carrière d'ici là," a-t-il déclaré.
Eve Geddie d'Amnesty International a souligné l'importance de cette décision, espérant qu'elle enverra un message fort à la Grèce et aux autres pays européens. Elle a affirmé que la solidarité et la compassion devraient être célébrées, et non punies. Cette affaire met en lumière les défis auxquels font face les travailleurs humanitaires dans un contexte migratoire complexe.
L'acquittement des travailleurs humanitaires en Grèce représente une victoire pour la défense des droits humains. Ce cas a souligné la nécessité de protéger ceux qui apportent une aide essentielle dans des situations de crise. Il est impératif de continuer à défendre ces valeurs fondamentales pour garantir un avenir où l'humanité prime sur la criminalisation de l'aide.