
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la tempête Goretti a causé des dégâts considérables à Cayeux-sur-Mer, une commune de 2 550 habitants. Les vents atteignant 125 km/h ont endommagé une partie de la digue sur 500 mètres, entraînant la perte de 100 000 tonnes de galets. La Manche a inondé 18 hectares de la commune jusqu’à 50 cm de hauteur.
Actuellement, des garages et des résidences secondaires inoccupées restent sous l’eau. Jean-Paul Lecomte, le maire, exprime son désespoir : « On ne peut pas pomper, les nappes phréatiques sont pleines. L’eau revient et revient ». Cette situation nécessite un grand nettoyage par les services techniques cette semaine.
Bien que l’eau ait disparu en surface, cet événement a ravivé des souvenirs traumatisants. Cayeux-sur-Mer a déjà subi des inondations en 1990 et 2018. Pour prévenir de futurs désastres, la municipalité a initié un projet d’aménagement de son boulevard maritime sur 1,5 km. Ce projet inclut la création de noues pour l’évacuation de l’eau vers un bassin, ainsi qu’un muret pour repousser les vagues.
Malgré un budget de 12 millions d’euros hors taxes, ces travaux sont constamment repoussés. À un moment, ils étaient même associés à un projet de dépoldérisation dans le hameau voisin du Hourdel, qui est actuellement en attente.
Un autre défi a récemment surgi : l’obligation de créer une nurserie pour 360 choux marins, protégés depuis 1982, au nord de la commune. Eulalie Steens, présidente de l’Association officielle de protection des cabines et du chemin des planches de Cayeux-sur-Mer, souligne le coût de cette nurserie, estimé à 172 000 euros hors taxes pour septembre 2025. Elle exprime son exaspération face aux contraintes administratives.
Elle déclare : « Il y en a marre des contraintes. On perd du temps alors qu’il faut juste se mettre au boulot ». Le maire, quant à lui, espère débuter les travaux au printemps prochain.
La tempête Goretti a également suscité des réactions amusées. Edouard Brunet, agriculteur, a partagé une vidéo sur les réseaux sociaux où il parcourt le boulevard maritime en tracteur après avoir aidé les employés communaux. Il ironise sur le fait que la tempête n’a pas « fait d’études d’impact » et n’a pas consulté les différents services de l’État.
Il questionne la pertinence de mettre un mètre de cailloux sur les fameux choux marins. Cette situation met en lumière les tensions entre les impératifs environnementaux et les besoins de la communauté.
La tempête Goretti a révélé les vulnérabilités de Cayeux-sur-Mer face aux éléments naturels. Malgré les efforts pour améliorer les infrastructures, des défis environnementaux et administratifs persistent. La commune doit maintenant naviguer entre la protection de son environnement et la sécurité de ses habitants. L’avenir des projets d’aménagement reste incertain, mais l’espoir d’une amélioration est palpable.