
« Avec un peu plus de temps, nous pouvons facilement OUVRIR LE DÉTROIT D’HORMUZ, PRENDRE LE PÉTROLE ET FAIRE UNE FORTUNE. » C’est le message lapidaire que Donald Trump a posté sur Truth Social, ajoutant toutefois qu’il faudrait « un peu plus de temps » alors que le conflit au Moyen-Orient continue de s’étendre.
La guerre a commencé fin février par une frappe aérienne conjointe américano-israélienne et, près de cinq semaines plus tard, la situation dégénère. En riposte aux frappes, l’Iran a pratiquement fermé le détroit d’Hormuz, artère stratégique par laquelle transite une part significative du pétrole mondial. Le verrouillage de ce passage maritime a fait grimper les cours de l’énergie et transformé la réouverture du détroit en priorité pour les gouvernements du monde entier.
Le détroit d’Hormuz transporte environ 20 % de la consommation pétrolière mondiale. La guerre a commencé fin février par une frappe aérienne conjointe américano-israélienne.
Trump n’a pas seulement évoqué une opération militaire : il a répété des menaces visant les centrales électriques civiles iraniennes, sans préciser de calendrier pour la fin des hostilités. Ces propos ont provoqué des promesses de représailles de la part de Téhéran et contribué à la baisse des cours boursiers ce mercredi soir. L’ambiguïté du discours — entre fanfaronnade et menace — renforce l’impression d’un président qui jongle entre postures guerrières et calculs politiques.
Pour les marchés et pour les alliés américains, la question est immédiate : comment rouvrir un détroit international bloqué sans déclencher une escalade incontrôlable ? Les options sont militaires, diplomatiques ou un mélange des deux, chacune comportant ses risques. Relancer le flux pétrolier est crucial pour calmer les prix, mais toute opération visant à « prendre le pétrole » soulève d’énormes interrogations juridiques et logistiques que Trump n’a pas abordées.
En arrière-plan, la région s’enfonce dans l’incertitude. Les économies sensibles aux prix de l’énergie surveillent chaque parole, chaque mouvement de flottes et chaque riposte éventuelle. Dans ce climat, une déclaration publique — même tonitruante — peut peser autant que des actions sur le terrain.
Qu’on la lise comme une menace ou une provocation, la sortie de Donald Trump relance le débat : jusqu’où les États-Unis sont-ils prêts à aller pour sécuriser les routes énergétiques mondiales ? Et à quel prix pour la stabilité régionale ?