BUENODIA

Trump se félicite de la mort de Robert Mueller, ex-chef du FBI

Donald Trump devant des drapeaux américains, s’exprimant au micro lors d’une conférence de presse.

Mort de Robert S. Mueller III et point final d'une carrière

L'ancien directeur du FBI, Robert S. Mueller III, est mort à 81 ans. Sa disparition met un point final à une carrière qui a traversé les secousses du XXIe siècle — du 11 septembre à l'enquête sur l'ingérence russe de 2016 — et qui laisse un héritage contradictoire.

Il est mort à 81 ans. Il a dirigé le FBI pendant douze ans.

Un réformateur taciturne qui a transformé le Bureau

Précis et taciturne, Mueller incarnait un républicain libéral d’un autre temps : veste sobre, mâchoire crispée, une discipline presque militaire. Nommé directeur du Bureau une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, il a refondé l'institution pour la transformer en service de renseignement moderne, cherchant à concilier sécurité nationale et protection des libertés civiles.

Sous sa direction, les agents antiterroristes du FBI ont aussi été les premiers à alerter sur les dérives des prisons secrètes de la CIA mises en place après 2001.

L'enquête russe et le rapport sans verdict clair

Après sa retraite, il a accepté en 2017 la mission la plus explosive de sa vie : devenir procureur spécial pour enquêter sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle et sur les liens éventuels avec l'équipe de Donald Trump. Le rapport final n'a pas blanchi le président. Muellera conclu qu'il ne pouvait ni innocenter ni inculper le chef de l'État, laissant la décision politique et judiciaire à d'autres instances et attisant des débats qui perdurent.

Annonce familiale, réactions publiques et héritage

La famille de Mueller a confirmé sa mort sans préciser la cause ni le lieu. La firme WilmerHale, où il avait pris sa retraite en 2022, a annoncé qu'il était décédé vendredi soir à Charlottesville, en Virginie. En août dernier, la famille avait rendu public un diagnostic de maladie de Parkinson, posé à l'été 2021.

Sa mort a révélé, une fois encore, le clivage dans lequel il s'est retrouvé : pour certains, un gardien discret de l'État de droit ; pour d'autres, un personnage devenu la cible d'attaques politiques. Sur Truth Social, Donald Trump a réagi en écrivant : « Tant mieux, je suis content qu'il soit mort. Il ne peut plus faire de mal aux innocents ! » Cette phrase souligne l'ampleur des tensions personnelles et politiques qui ont entouré l'enquête Mueller.

Mueller laisse derrière lui un FBI remodelé, des réformes institutionnelles profondes et une trace durable dans la mémoire politique américaine : celle d'un fonctionnaire qui a tenté, jusqu'à la fin, de préserver des procédures plutôt que de livrer un verdict politique. Son héritage, contradictoire et contesté, continuera d'alimenter le débat sur la frontière entre justice et politique.

Publié le : 22 mars 2026
link