
Invitée de RTL et Public Sénat, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a exprimé des réserves sur l'attitude de Washington envers l'Europe. Elle estime que l'administration Trump ne se comporte pas comme un « allié ». Cette situation soulève des questions sur la nécessité pour la France et l'Europe de se passer des États-Unis.
Le Pentagone a récemment publié sa nouvelle stratégie nationale de défense, indiquant un soutien « plus limité » aux alliés. Alice Rufo a réagi en déclarant : « Les Américains disent qu’ils vont faire moins. C’est dit, c’est clair. À nous d’en tirer les leçons ». Elle insiste sur l'importance de renforcer le pilier européen de l'Otan.
Alice Rufo a critiqué les récentes péripéties diplomatiques, notamment les ambitions de Donald Trump d'annexer le Groenland. Après sa rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, il a évoqué un accord futur concernant ce territoire danois. Cependant, ses déclarations sur les alliés de l'Otan en Afghanistan ont provoqué une indignation internationale.
Elle souligne que les États-Unis ne se comportent pas comme de véritables alliés. « Dire que je vais annexer un pays souverain de l’alliance... Ça, ce n’est pas ce qu’on fait dans une alliance », a-t-elle déclaré. Cette attitude soulève des interrogations sur l'engagement des États-Unis envers l'Europe.
Alice Rufo décrit l'Europe comme un espace respectueux du droit, propice à l'investissement. Elle affirme que les États-Unis n'apprécient pas l'Europe telle qu'elle est. « Les États-Unis n’aiment pas l’Europe telle qu’elle est et telle qu’on l’aime », a-t-elle déclaré. Cela souligne un fossé culturel et politique entre les deux continents.
Elle exclut toutefois une convergence d'intérêt entre Moscou et Washington, affirmant qu'il n'y a pas d'intérêt stratégique commun. « Fondamentalement, il n’y a pas d’intérêt stratégique conjoint entre la Russie et les États-Unis », assure-t-elle. Cette analyse met en lumière les défis auxquels l'Europe est confrontée.
Alice Rufo estime qu'il y aura un avant et un après cette semaine. Les Européens doivent sortir « plus lucides » de ces tensions. Elle affirme que l'Europe, le Royaume-Uni, la France et le Canada ne sont pas secondaires dans le monde contemporain. La prise de conscience de leurs forces est essentielle.
Elle plaide pour une réduction des dépendances et pour une meilleure gestion des ressources. « Le tout est d’être conscients de nos forces, de savoir les exercer correctement », conclut-elle. Cette vision proactive est cruciale pour l'avenir de l'Europe dans un contexte géopolitique complexe.
Les propos d'Alice Rufo révèlent une inquiétude croissante sur la relation entre l'Europe et les États-Unis. Alors que la stratégie américaine évolue, l'Europe doit se préparer à renforcer son autonomie et sa défense. Le chemin à suivre exige une collaboration étroite entre les pays européens pour assurer leur sécurité et leur indépendance.