
Au sommet du G7 à Évian, Donald Trump ne s’est pas contenté d’arriver en retard : il a choisi de marquer les esprits. Arrivé le dernier pour une réunion de travail sur le développement international, il s’est avancé jusqu’au bout de la table, a souri, et a lâché en anglais : « I am the boss ».
Quelques rires ont suivi. Il a serré la main d’Emmanuel Macron, qui lui a demandé en anglais comment il allait, et s’est même plaint qu’il faisait « trop chaud » dans la salle.
« I am the boss », a dit Donald Trump. Les sept pays du G7 se sont engagés à accroître la pression sur l’économie de guerre de la Russie.
Sur le fond, la visite a pris un tour plus diplomatique que prévu. Trump, qui boude d’ordinaire les formats multilatéraux et a déjà dénoncé des communiqués après les avoir signés — comme au Canada durant son premier mandat — a accepté de ratifier un texte commun sur l’Ukraine. Les dirigeants de l’Allemagne, du Canada, des États‑Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume‑Uni ont convenu d’accroître les sanctions visant les exportations d’hydrocarbures russes et d’augmenter la fourniture de capacités de défense aérienne, d’intercepteurs supplémentaires et de capacités de longue portée.
Cette adhésion n’est pas anodine : elle signifie un renforcement coordonné de l’appui militaire et économique aux efforts contre Moscou, au moment où la guerre pèse sur les livraisons d’énergie et les marchés. Le texte prévoit aussi un renforcement des systèmes de défense aérienne et des capacités long‑portée, une formulation qui laisse penser à un appui matériel plus substantiel qu’à l’ordinaire.
Parmi les phrases qui semblent destinées à flatter le président américain, la déclaration a salué « l’accord entre les États‑Unis et l’Iran, obtenu sous la conduite ferme du président Donald Trump ». Cette mention, inscrite dans le communiqué, a sans doute fait plaisir au milliardaire républicain et témoigne de la manière dont le langage diplomatique peut être utilisé comme monnaie d’échange symbolique.
Trump a prolongé son séjour en France pour dîner mercredi soir à Versailles avec Emmanuel Macron, dans un cadre que l’ex‑président affectionne. En somme, entre formules provocantes et concessions diplomatiques inattendues, son passage à Évian a mélangé théâtre et pragmatisme : paroles fortes au démarrage, signatures concrètes ensuite.