
Un juge américain a décidé que Donald Trump ne peut pas déployer des membres de la Garde nationale à Portland, Oregon. Cette décision marque une étape importante dans une bataille judiciaire qui dure depuis plusieurs semaines. Elle soulève des questions sur la légalité des actions du président concernant l'envoi de troupes dans une ville américaine, malgré les objections des responsables locaux.
Le déploiement à Portland fait partie des efforts de l'administration Trump pour réprimer les manifestations contre les raids fédéraux sur l'immigration dans des villes principalement dirigées par des démocrates. Des villes comme Chicago, Los Angeles et Washington DC ont également été concernées. La décision du juge Karin Immergut, nommée par Trump, est la première à interdire définitivement le déploiement de troupes dans une ville.
Ce jugement a été rendu après que Trump ait tenté d'envoyer des forces de Californie et du Texas. Le juge Immergut a émis deux ordonnances de restriction temporaire, bloquant le président d'utiliser la Garde nationale de l'Oregon et d'envoyer des troupes de tout État vers l'Oregon.
Dans son jugement de 106 pages, le juge a précisé qu'elle ne bloquait pas l'utilisation de la Garde nationale par le président en général, mais qu'à Portland, il n'avait pas de base légale pour fédéraliser la Garde. Elle a affirmé qu'il n'y avait ni rébellion ni danger de rébellion justifiant le déploiement de troupes.
Elle a également noté que Trump avait violé le dixième amendement de la Constitution américaine, qui réserve aux États les pouvoirs non explicitement attribués au gouvernement fédéral. Le juge a laissé à une cour supérieure le soin de définir les conditions dans lesquelles un président peut déployer l'armée dans les rues des villes américaines.
Les responsables locaux et de nombreux habitants de Portland contestent la description de la ville comme étant "ravagée par la guerre", comme l'a affirmé le Département de la Justice. Ils soutiennent que la violence est contenue par la police de Portland et n'est pas généralisée. L'administration Trump a, quant à elle, insisté sur le fait que le président exerce son autorité légale pour protéger les actifs et le personnel fédéraux.
Caroline Turco, l'avocate de Portland, a déclaré que cette affaire soulève des questions fondamentales sur la nature de la loi aux États-Unis. "Ce cas est une question de savoir si nous sommes une nation de droit constitutionnel ou de loi martiale", a-t-elle affirmé.
La décision du juge Immergut représente un moment clé dans le débat sur l'utilisation de la Garde nationale par le président Trump. Alors que l'administration s'apprête à faire appel, la situation à Portland reste tendue. Ce cas pourrait établir des précédents importants concernant la séparation des pouvoirs et les droits des États face aux actions fédérales.