
À quelques heures de l’expiration d’un ultimatum adressé à Téhéran, Donald Trump a choisi la menace sèche et spectaculaire plutôt que la diplomatie. Mardi, alors que le délai courait jusqu’à 20 heures, heure de New York, il a posté sur Truth Social : «Toute une civilisation va mourir ce soir, pour ne plus jamais revenir. Je ne veux pas que ça se passe, mais ça se passera probablement.» L'ultimatum expirait mardi à 20 heures, heure de New York.
La veille, ses mots avaient encore gagné en violence : «Chaque pont en Iran sera décimé à minuit pile demain», avait‑il écrit, promettant que «chaque centrale électrique en Iran sera hors service, en feu, explosée, et ne pourra plus jamais servir.» Jusqu’à la semaine dernière, ses exigences portaient surtout sur un cessez‑le‑feu, le désarmement et la confiscation de l’uranium enrichi. Depuis le week‑end, l’objet du bras de fer a glissé : l’administration américaine exige la réouverture du détroit d’Ormuz — un passage stratégique dont Trump avait auparavant semblé déclarer qu’«on n’en a pas besoin».
À Washington, la rhétorique du président alimente une pression accrue pour frapper l’infrastructure iranienne. Un haut responsable du gouvernement américain, dans des propos internes, a décrit le président comme «assoiffé de sang, comme un chien fou» en attente de ce qu’on appelle en interne le «jour de l’infrastructure». Dans les cercles militaires et politiques, on évoque déjà une nouvelle phase d’opérations baptisée «Epic Fury 2», expression qui traduit la volonté d’intensifier les frappes ciblées sur les capacités iraniennes.
Ce basculement — du contrôle des armements à la mise hors service des ponts et des centrales — change la nature du conflit. Frapper des infrastructures civiles ou essentielles revient à élargir le théâtre des hostilités et augmente le risque d’escalade régionale, avec des conséquences humanitaires et économiques immédiates pour les populations et pour la sécurité maritime mondiale. Les options militaires proposées vont au‑delà d’un simple message de coercition ; elles impliquent des dommages durables.
La partie est donc montée d’un cran : l’administration américaine se prépare à frapper des cibles stratégiques si l’Iran refuse de céder, et certains responsables parlent ouvertement d’une intensification planifiée. Le monde observe, tandis que les mots du président sèment autant la peur que l’incertitude.