
Le Premier ministre nationaliste tchèque Andrej Babis a annoncé ce lundi qu'il renonçait à nommer Filip Turek au ministère de l’Environnement. Turek, un allié politique « trumpiste », est poursuivi pour viol et a publié des messages racistes tout en arborant des symboles néonazis. Cette nomination controversée a suscité un véritable bras de fer avec le président Petr Pavel.
Le gouvernement formé après les élections législatives d’octobre et nommé en décembre comprend le parti ANO de Babis et deux formations eurosceptiques. Parmi celles-ci, le parti d’extrême droite SPD et le parti des Motoristes, qui s'opposent à la politique européenne sur l'environnement. La nomination de Turek et le soutien à l’Ukraine face à l’invasion russe ont accentué les tensions avec Petr Pavel, un ancien général de l’Otan.
Filip Turek fait l’objet d’une enquête pour violences conjugales et viol, suite à une plainte de son ancienne compagne. De plus, des messages misogynes et racistes publiés par Turek sur les réseaux sociaux ont été révélés par les médias. La police a également enquêté sur des soupçons de possession d’objets nazis, mais a classé l’affaire.
La pression de la société a conduit Turek à renoncer à son poste. « Quand j’ai vu la pression de la société, j’ai décidé de me retirer », a-t-il déclaré. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Prague pour soutenir Petr Pavel dans son affrontement avec le gouvernement de Babis.
Les tensions entre Pavel et Babis s'étendent également à la question de l’envoi d’avions de chasse à l’Ukraine. Le président soutient la livraison de quatre appareils L-159, tandis que le gouvernement s'oppose à cette aide militaire, affirmant que la République tchèque en a besoin.
Dans ce contexte, le parti des Motoristes propose maintenant un autre membre, Igor Cerverny, pour le poste de ministre de l’Environnement. Babis a exprimé son espoir que le président accepte cette candidature, déclarant : « Je ne vois pas comment il pourrait ne pas le faire ». Cerverny a précisé que son parti n'est pas « contre la nature », mais « contre l’idéologie écologiste ».
La situation politique en République tchèque est marquée par des tensions croissantes entre le gouvernement et le président. Les enjeux autour de la nomination de Filip Turek et de l’aide à l’Ukraine illustrent les défis auxquels le pays fait face. La question de la protection de l’environnement reste également un sujet de discorde entre les partis en place.