
Une grève massive et internationale débute ce mardi 10 février chez Ubisoft, un géant français du jeu vidéo. Ce mouvement de trois jours vise à protester contre la quasi-disparition du télétravail et un nouveau plan d’économies. Cette mobilisation survient à deux jours de la publication des résultats trimestriels de l’entreprise.
Les syndicats organisent des piquets de grève devant les studios d'Ubisoft à Paris, Bordeaux, Montpellier, Annecy et Lyon. Un grand rassemblement est prévu à 14h00 devant le siège à Saint-Mandé. Selon les syndicats, d'autres studios à l'étranger pourraient rejoindre le mouvement, notamment à Milan.
L'annonce d'une nouvelle organisation interne le 21 janvier a ravivé la contestation sociale. Ce changement entraîne l'annulation de plusieurs jeux et une cure d’austérité de 200 millions d'euros sur deux ans. Ubisoft souhaite revenir à cinq jours de travail en présentiel par semaine, avec un quota annuel de télétravail.
Les salariés se sentent bouleversés par ces changements. Vincent Cambedouzou, délégué syndical du STJV, souligne que les employés ont l'impression d'un retour en enfer. Les licenciements et la fermeture de studios à travers le monde alimentent cette colère.
Pierre-Étienne Marx, membre du STJV, partage cette inquiétude. Il déclare que les dirigeants ont pris des choix industriels désastreux, entraînant une perte de confiance parmi les employés. Les précédentes grèves avaient déjà mobilisé plusieurs centaines de personnes.
La direction d'Ubisoft a récemment annoncé un projet de plan de départs volontaires pour 200 personnes au siège. Ce chiffre inquiète, car le groupe compte 1 100 salariés. Un délégué syndical craint que cela ne soit qu'un prélude à d'autres plans sociaux.
De plus, la réduction de 10 % des effectifs au cours des deux dernières années renforce les inquiétudes. Les syndicats craignent que des mesures similaires ne soient appliquées dans d'autres studios en France.
La grève chez Ubisoft met en lumière des tensions croissantes autour des conditions de travail et du télétravail. Les employés expriment leur mécontentement face aux décisions de la direction. Il reste à voir comment cette situation évoluera et quelles seront les répercussions sur l'avenir du groupe.