
Un nouveau rapport du Congrès américain, publié le 26 janvier, soulève des inquiétudes concernant l'accord militaire Aukus. Ce partenariat, signé en 2021 par Londres, Washington et Canberra, pourrait être remis en question. Selon ce rapport, l’Australie pourrait ne jamais recevoir les sous-marins promis, ce qui remet en cause la confiance envers ses alliés.
Le partenariat Aukus prévoit la vente par les États-Unis d’au moins trois sous-marins de classe Virginia entre 2032 et 2038. Il est également prévu la construction d’une nouvelle classe de sous-marins par Londres et Canberra. L’Australie devrait, d’ici la fin des années 2040, disposer d’une flotte de huit sous-marins à propulsion nucléaire.
Cependant, le rapport du service de recherche du Congrès américain (CRS) suggère que Washington pourrait ne pas vendre ces sous-marins. Cela viserait à maintenir un contrôle maximal sur sa flotte, particulièrement en cas de conflit avec la Chine sur Taïwan.
Le rapport met en lumière la crainte de Washington d’un affaiblissement de sa dissuasion militaire. Les sous-marins destinés à l’Australie pourraient rester sous commandement américain, opérant depuis des bases australiennes. Cette situation soulève des questions sur l'engagement de l'Australie envers ses alliés.
Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a déclaré que l’Australie ne ferait « aucune promesse… de soutenir les États-Unis » en cas de conflit. Cela pourrait expliquer le revirement de Washington sur la vente des sous-marins.
Les enjeux de cybersécurité sont également abordés dans le rapport. Le partage de technologies sensibles avec d'autres pays pourrait augmenter la surface d'attaque pour des cyberattaques de pays comme la Chine ou la Russie. Des pirates informatiques liés à la Chine tentent régulièrement d'accéder aux systèmes du gouvernement australien.
Ces préoccupations soulignent la complexité de l'accord Aukus et les défis auxquels l'Australie pourrait faire face dans les années à venir.
Le rapport souligne également les limites industrielles déjà connues du pacte Aukus. Malgré une forte volonté politique, chaque partie semble avancer lentement. Les chantiers navals américains peinent à respecter les délais de livraison des navires pour leur propre marine.
Des problèmes tels que l'inflation, la pénurie de main-d'œuvre et les difficultés d'approvisionnement compliquent encore la maîtrise du budget et du calendrier. Ces facteurs pourraient retarder la réalisation des objectifs fixés par l'accord.
En résumé, le rapport du CRS pourrait accroître la frustration en Australie. L'ancien Premier ministre Bob Carr a exprimé son mécontentement, indiquant que l'Australie pourrait accueillir des sous-marins nucléaires américains tout en ne recevant pas les siens. Cela soulève des questions sur la souveraineté et l'avenir de l'Australie dans le cadre de l'accord Aukus.