
Depuis plusieurs années, la région Hauts-de-France participe à des événements comme le salon de l’Agriculture à Paris. Les vignerons Dominique Fleury et Éric Lévêque, coprésidents des Fables de notre vignoble, constatent que les champagnes du sud de l’Aisne sont méconnus des consommateurs. Même les médias n'en parlent pas assez.
Le sud de l’Aisne représente 10 % de l’appellation d’origine protégée champagne, créée en 1927. Cela correspond à 800 vignerons qui exploitent 3 020 ha, répartis sur 26 478 parcelles et 39 communes. Deux tiers des vignerons possèdent moins de 3 ha. De plus, 27 % d'entre eux exercent une activité complémentaire.
Les vignerons se situent principalement dans la vallée de la Marne, sur des coteaux très pentus. Cette région offre un ensoleillement maximal et un abri contre les vents froids du nord. Le cépage meunier prospère sur ces sols argilo-calcaires, apportant fruité, rondeur et générosité aux vins.
Il n’existe pas de grandes maisons dans cette région, car le terroir est trop morcelé. Une multitude de vignerons produisent des champagnes diversifiés et de qualité, comme le montrent les nombreuses médailles obtenues lors de concours.
Alors que les maisons de champagne du Grand-Est traversent une période difficile à cause des hausses de droits de douane aux États-Unis, les vignerons indépendants du sud de l’Aisne voient leurs chiffres d’affaires résister, voire augmenter. Ils sont soutenus par la chambre régionale de commerce et d'industrie des Hauts-de-France et Business France.
Ces organisations ont permis de réaliser des tests de marché au Japon et en Italie. Ne pas faire partie de la région Grand Est leur confère une visibilité accrue, ce qui est bénéfique pour leur développement.
À Barzy-sur-Marne, le champagne Lévêque-Dehan s'étend sur 6 ha. Éric Lévêque a vu ses ventes passer de 30 000 bouteilles en 2024 à 35 000 en 2025, principalement grâce à l’export. Son site de vente en ligne attire de nombreux amateurs.
Les prix commencent à 19,80 euros la bouteille. Éric a également obtenu le marché pour approvisionner la ville du Touquet, attirant ainsi de plus en plus de touristes. Il souligne l'importance de développer l’œnotourisme et les réseaux sociaux.
Dominique Fleury, des Champagnes Fleury-Gille à Trélou-sur-Marne, partage une expérience similaire. Son domaine de 8 ha produit 45 000 bouteilles, dont une cuvée blanc de blanc vient d'obtenir une étoile au guide Hachette. Les prix démarrent à 20 euros.
Christine et Bertrand Fleury, qui gèrent le domaine, expliquent qu'ils n'ont pas d’intermédiaires. Les consommateurs recherchent authenticité et conseils. Ils les invitent à découvrir des sentiers de marche et des sites historiques, renforçant ainsi l’expérience client.
Les champagnes du sud de l’Aisne méritent d'être découverts. Grâce à des vignerons passionnés et un terroir unique, cette région offre des produits de qualité. Les efforts pour promouvoir l’œnotourisme et l’authenticité portent leurs fruits, attirant de plus en plus de consommateurs. Une fois goûté, ces champagnes sont adoptés par de nombreux amateurs, témoignant de leur excellence.