
A Saint-Denis-d’Anjou, la pluie d’hiver ravive les eaux du Goëlleux et fait briller l’ardoise des toits. Les jardins secrets, appelés clos, se dévoilent comme des confettis de verdure. Autrefois oubliés, ces petits coins de nature attirent aujourd'hui toutes les attentions.
Jean-Yves Bachelot, président-fondateur de l’association de sauvetage, souligne l’importance de ces espaces. À l’origine, ces lopins de terre, souvent utilisés comme potagers, étaient essentiels pour les habitants. Aujourd'hui, ils sont en danger, abandonnés ou transformés, rendant leur recensement difficile.
En 2012, l’idée de sauver ces patrimoines a germé. Dix ans plus tard, un schéma directeur a été élaboré pour structurer l’avenir des clos. Une convention lie désormais l’association à la collectivité, qui lui confie l’entretien et la valorisation de ces lieux.
Dominique de Valicourt, la maire, précise que ce dispositif facilite le travail des agents de voirie. L’objectif pour 2026 est de créer un circuit reliant les neuf clos acquis par la commune. Mobiliser la population est essentiel pour la réussite de ce projet.
Pour rassembler les 1 496 Dionysiennes et Dionysiens, une initiative originale a été mise en place. Les clos seront transformés en acteurs de la transition écologique, favorisant des valeurs comme la lenteur et la rencontre. Cela vise à renforcer le désir de transmission et l’identité territoriale.
Frédérique Bourgoin, vice-présidente, annonce que chaque clos sera revégétalisé, économisant l’eau et enrichissant la biodiversité. Ces espaces offriront des îlots de fraîcheur, indispensables en période de canicule.
Chaque clos aura sa propre thématique. Celui de la mairie accueillera des spectacles, tandis que celui des halles sera dédié aux écoliers. Le clos de l’hospice servira aux pensionnaires de l’Ehpad, et celui du Goëlleux sera un lieu de méditation. Le clos de la forge, quant à lui, abrite déjà une mini-vigne.
Ces projets visent à garantir le label Petite cité de caractère, obtenu en 1992, et à développer le tourisme. Chaque année, près de 2 000 visiteurs découvrent l’église et ses peintures murales, ainsi que d’autres trésors historiques.
Jean-Yves Bachelot exprime son enthousiasme pour l’avenir de Saint-Denis-d’Anjou, un cocon à partager. Cependant, le financement reste un défi. La commune investira 40 000 euros et cherchera le soutien des grandes entreprises mayennaises.
Ce projet ambitieux ne vise pas seulement à restaurer des espaces verts, mais aussi à renforcer le lien social et à promouvoir un mode de vie durable. La collaboration entre la commune et l’association est essentielle pour la réussite de cette initiative.
La renaissance des clos à Saint-Denis-d’Anjou représente une opportunité unique de préserver le patrimoine local tout en favorisant la biodiversité. Ce projet, soutenu par la communauté, pourrait devenir un modèle de transition écologique, enrichissant ainsi la vie des habitants et des visiteurs.