
La course à la présidence de la Colombie arrive à son sprint final avant le 31 mai 2026, et les signaux ne vont pas tous dans le même sens. Sur la plus grande plateforme mondiale de marchés de prédiction, Polymarket, Abelardo de la Espriella (mouvement Defensores de la Patria) est aujourd’hui donné favori, avec 43 % de probabilité de victoire contre 41 % pour Iván Cepeda (Pacto Histórico). Paloma Valencia (Centro Democrático) y figure à 16 %.
Le 31 mai 2026, les Colombiens se rendront aux urnes. Polymarket place Abelardo de la Espriella en tête avec 43 % de probabilité, contre 41 % pour Iván Cepeda.
Polymarket n’est pas un sondage classique : il reflète les mises et les anticipations des parieurs, un thermomètre alternatif de la perception publique. Le marché a basculé rapidement : début mai, une analyse datée du 9 mai montrait Cepeda en tête à 42 % contre 40 % pour De la Espriella, preuve que l’écart peut se resserrer ou s’inverser en quelques jours.
Les enquêtes d’opinion traditionnelles donnent cependant un autre tableau. L’étude la plus récente d’AtlasIntel pour la revue Semana place Cepeda à 38 % des votes valides, De la Espriella à 29,9 % et Valencia à 21,2 %, des chiffres qui laissent ouverte la possibilité d’un second tour. Si aucun candidat n’obtient la majorité requise, la confrontation finale serait programmée au 21 juin.
AtlasIntel simule aussi les duels : en cas de ballottage entre Cepeda et De la Espriella, ce dernier recueillerait 47 % contre 42 % pour Cepeda; face à Valencia, la sénatrice obtiendrait 49,1 % contre 40,6 % pour Cepeda. Ces projections montrent que l’issue dépendra autant des reports de voix que de la capacité des candidats à capter les indécis.
Une autre photographie du terrain vient du Centro Nacional de Consultoría pour la revue Cambio : Cepeda y apparaît en tête à 37,2 % (trois points de plus qu’en mars), De la Espriella grimpe à 20,4 % et Valencia recule autour de 15 %. Les sondages notent aussi une longue traîne de candidats marginalisés — Sergio Fajardo 2,7 %, Claudia López et Santiago Botero 1,5 % chacun — qui, ensemble, pourraient peser dans une campagne serrée.
Au final, deux réalités coexistent : les marchés parient sur une remontée brutale de De la Espriella, tandis que les sondages traditionnels donnent encore l’avantage à Cepeda mais prévoient un duel serré. Qu’il s’agisse de paris financiers ou d’enquêtes méthodiques, tous soulignent la même chose : la présidentielle colombienne reste fluide, et quelques points de pourcentage suffiront à décider du vainqueur.