Une fillette de 12 ans acquittée après la mort en VTT de sa meilleure amie
Le Tribunal de la jeunesse de Rouyn‑Noranda a acquitté une enfant de 12 ans accusée d’avoir causé la mort de sa meilleure amie après une chute d’une falaise, concluant que le drame tient principalement à « une combinaison d’événements externes imprévisibles ». La juge Nathalie Samson a dit sa « vive sympathie » à la famille de la victime, tout en estimant que les circonstances n’avaient pas, au-delà du tragique, de caractère criminel.
Récit de la soirée et éléments de la reconstitution
La soirée avait commencé comme une sortie de jeunes: six adolescents, de 12 à 14 ans, se retrouvent dans une sablière où l’on fait souvent du VTT. Seul le conducteur initial portait un casque.
À un moment, la jeune accusée se retrouve à l’arrière du guidon tandis que son amie est passagère; peu après, le véhicule bascule et les deux filles tombent d’un escarpement. Un expert en reconstitution a estimé la vitesse autour de 35 km/h et a noté qu’aucun panneau n’indiquait la présence d’une falaise : « le plateau de gravier se terminait », provoquant un « vol plané » qui a éjecté les occupantes.
Versions opposées: la prévenue, la Couronne et la défense
Au procès, la prévenue a expliqué qu’elle ne savait pas conduire un VTT et qu’elle craignait de prendre le guidon, mais que la victime avait insisté pour la guider et, selon elle, aurait actionné l’accélérateur en se serrant contre elle. La Couronne soutenait au contraire que la fillette avait commis « un écart marqué » en conduisant un véhicule inconnu dans un lieu potentiellement mal éclairé. La défense a plaidé une inattention momentanée ou des facteurs externes.
La juge tranche en faveur des circonstances externes
La juge a tranché pour ces derniers. Elle a rappelé qu’on ne peut « criminaliser chaque écart aux règles de la route », au risque de qualifier à tort de criminelles des personnes moralement non blâmables.
En l’espèce, les tentatives des témoins pour arrêter le VTT — cris, jets de pierres, et même un camarade qui a essayé de s’agripper à l’attache arrière sans succès — n’ont pas suffi à éviter le drame; la configuration du terrain et l’absence de signalisation ont joué un rôle déterminant.
Caractère exceptionnel de la cause et confidentialité
La cause est exceptionnelle parce que la Couronne cherchait une condamnation pour un événement survenu il y a plus de deux ans, et parce que, dû à l’âge des adolescentes, leurs identités demeurent confidentielles. La décision souligne les limites de la responsabilité pénale chez les très jeunes tandis qu’elle laisse intacte la douleur des proches.
La jeune accusée avait 12 ans, l’âge minimal pour être poursuivi criminellement. La juge Nathalie Samson a estimé que la chute résultait d’« une combinaison d’événements externes imprévisibles ».
