Un marathon comme planche de salut
Quand Jonathan Léger‑Dubuc a franchi la ligne d’arrivée de son premier marathon, en septembre 2025, beaucoup y ont vu un miracle personnel. Pour lui, la course avait été une planche de salut: "pour évacuer le méchant", répétait‑il.
Dates et accomplissements: naissance, décès et marathon
Jonathan Léger‑Dubuc est né le 11 octobre 1986 et est décédé le 18 avril 2026. Il avait couru son premier marathon de 42 km en 4 heures en septembre 2025.
Tournant: logement, soutien et la course qui a rebâti sa vie
Né prématuré et marqué par la mort d’un père alors qu’il était jeune adulte, Jonathan a accumulé dettes et erreurs qui l’ont mené à l’itinérance. L’an dernier, un tournant s’est produit: la Mission Old Brewery lui a offert un logement supervisé et l’Accueil Bonneau lui a fourni des repas et du soutien. Ces interventions, dit son frère Éric, lui ont "fait toute la différence".
C’est la course à pied qui a transformé peu à peu son quotidien. Avec de la rage de vivre, il s’est mis à s’entraîner et a trouvé dans la discipline une motivation et une communauté. Sa progression avait ému plusieurs personnes qui l’avaient encouragé et aidé à se stabiliser.
Disparition pendant un entraînement au Parc Jean‑Drapeau
La nouvelle de son décès a surpris et attristé ceux qui le connaissaient. Le samedi 18 avril 2026, Jonathan est mort d’un arrêt cardiaque, encore vêtu de ses habits de course, revenant vraisemblablement d’un entraînement préparatoire pour une course de 21 km prévue le lendemain au Parc Jean‑Drapeau. Sa famille précise qu’il était en route pour continuer ce projet qui lui tenait à cœur.
Hommage familial, dons et appel aux services sociaux
Éric, son grand frère, raconte la trajectoire d’un homme qui avait réussi à remonter la pente grâce à l’aide d’organismes locaux et à la course. Pour honorer sa mémoire et prolonger son geste, la famille propose de répartir les dons reçus: la moitié servira à couvrir les frais funéraires, l’autre moitié sera reversée aux organismes qui l’ont accompagné.
La mort de Jonathan rappelle brutalement que l’accès au logement et au soutien social change des vies, parfois tardivement mais vraiment. Sa famille espère qu’en racontant son parcours — de la rue à la ligne d’arrivée — on attirera l’attention sur les fragilités encore trop fréquentes et sur l’importance des services qui permettent de s’en sortir.
