
Les Andalous veulent un président seul aux manettes. Après la victoire du 17 mai, 75,2 % d’entre eux estiment que Juanma Moreno doit former un gouvernement du PP en solo, en recourant seulement à des soutiens ponctuels si nécessaire.
Le Parti populaire a obtenu 53 sièges, à deux sièges de la majorité absolue.
Le score du PP surpasse largement celui du PSOE : +25 sièges et environ 20 points d’avance. Le PSOE tombe à son pire résultat historique en Andalousie avec seulement 28 sièges. Vox, lui, signe un progrès symbolique — de 14 à 15 députés — totalisant 576 635 voix, loin d’un raz‑de‑marée.
Pendant la campagne, Moreno a martelé qu’il voulait une “majorité de stabilité” pour gouverner sans “problèmes ni embûches”. Sa demande était claire : éviter les longues négociations que Vox a imposées en Extremadura ou en Aragon.
Dans la foulée du 17‑M, il a lancé une mise en garde limpide à l’extrême droite : « Je resterai celui que je suis et ce serait une énorme erreur de bloquer le gouvernement andalou. » Les électeurs semblent lui donner raison : seulement 21 % approuvent l’entrée de Vox dans l’exécutif andalou.
De son côté, Vox ne renonce pas à peser. Le candidat Manuel Gavira a demandé à Moreno « d’écouter les Andalous » et a promis un tournant « plus de bon sens », qualifiant le gouvernement central de « corrompu, mafieux et traître ». Son discours triomphaliste, applaudi par ses partisans, laisse entrevoir une tentative d’importer en Andalousie des clauses de coalition déjà vues en Extremadura — une perspective que la majorité des électeurs refuse.
Concrètement, Moreno estime que 53 sièges suffisent pour gouverner en solo et il cherche des accords ponctuels pour l’investiture et les budgets plutôt qu’une coalition formelle. Cette stratégie rencontre un appui majoritaire au-delà de l’Andalousie : à l’échelle nationale, 71,2 % des sondés préfèrent également un gouvernement monocolore du PP en Andalousie, tandis que 22 % accepteraient un pacte de type Extremadura.
La question politique est désormais simple : Moreno choisira‑t‑il la stabilité nominale — gouverner seul et négocier au cas par cas — ou cèdera‑t‑il aux pressions pour formaliser un pacte avec Vox qui risquerait d’empoisonner ses marges de manœuvre ? Les chiffres laissent entendre la préférence claire des électeurs. Et pour l’instant, la balance penche vers un exécutif PP sans entrée officielle de Vox.