
C’est le pire cauchemar de beaucoup de parents : perdre de vue son enfant, même quelques minutes. Pour Sara, cette peur est devenue réalité le lundi 16 mars, à l’heure du déjeuner. Sa fille Lia, 6 ans, inscrite à l’école maternelle Sadi‑Carnot d’Argenteuil (Val‑d’Oise), a quitté seule l’établissement et a disparu pendant plusieurs minutes dans la ville.
Lia, 6 ans, a quitté seule l'école maternelle Sadi‑Carnot d'Argenteuil le lundi 16 mars. Elle a disparu pendant plusieurs minutes dans la ville alors qu'elle devait déjeuner à la cantine.
La mère, qui a demandé à conserver l’anonymat, raconte encore la scène avec difficulté. Peu avant midi, comme d’habitude, sa fille devait déjeuner à la cantine ; Sara avait rempli la fiche de l’école indiquant que Lia « allait à la cantine ».
Lia est par ailleurs une enfant pour qui « un trouble du spectre de l’autisme sévère est suspecté », précise la mère. Contre toutes les directives et les indications laissées aux enseignants, la fillette aurait été autorisée à quitter l’établissement sans surveillance.
La sidération de la famille tient à la fois au geste et à ce qu’il implique : une petite fille vulnérable, connue de l’équipe pédagogique, qui disparaît sans que personne ne s’en aperçoive immédiatement. « L’école fait des fiches avec les enfants qui mangent sur place et ceux qui sortent. J’avais bien indiqué qu’elle allait à la cantine », insiste Sara, encore sous le choc. Ces mots disent à la fois la confiance brisée et l’angoisse d’un parent qui croyait avoir fait le nécessaire pour sa sécurité.
Les détails sur ce qui s’est passé pendant ces minutes sont encore flous et la mère attend des explications. Elle s’interroge sur les procédures de surveillance à la maternelle et sur la formation du personnel face aux enfants en situation de handicap.
Pour les familles concernées, le risque n’est pas abstrait : une disparition même brève peut tourner au drame, et la vulnérabilité liée à un trouble du spectre autistique augmente la probabilité d’un comportement dangereux ou de la désorientation. Dans ce contexte, Sara réclame des réponses et des garanties.
Elle veut savoir comment une consigne écrite a pu être ignorée, et quelles mesures seront prises pour que cela ne se reproduise pas. Au‑delà de cette famille, l’affaire pose une question simple et pressante : comment assurer la sécurité d’enfants fragiles dans des structures collectives où l’erreur humaine peut coûter cher ?