
Un paquebot arrivé à Bordeaux a été placé en quarantaine mardi soir après le décès d’un passager et l’apparition de symptômes gastro-intestinaux chez une cinquantaine de personnes à bord. Le 12 mai, le navire de la compagnie Ambassador Cruise Line, parti des îles Shetland le 6 mai après des escales à Belfast, Liverpool et Brest, est arrivé à Bordeaux avec 1 233 passagers et 514 membres d’équipage. Plus de 1 700 personnes sont confinées à bord du paquebot.
La victime était de nationalité britannique et âgée de 90 ans. Elle est décédée avant l’escale à Brest ; pour l’instant, les autorités précisent qu’aucun lien n’est établi entre ce décès et l’épisode de gastro-entérite qui touche une cinquantaine de passagers et membres d’équipage, majoritairement Britanniques et Irlandais.
Face au risque épidémique, les services de santé ont réagi tôt et de façon visible. Une équipe du CHU de Bordeaux a été hélitreuillée sur le navire vers 2 heures du matin pour un premier examen des dossiers médicaux, puis une seconde équipe est montée à bord à 5 heures pour prélever des échantillons. Les prélèvements sont analysés au service de virologie du CHU ; l’Agence régionale de santé, le préfet et le préfet maritime ont ordonné de maintenir tout le monde à bord en attendant les résultats.
Les premières analyses réalisées à bord ont écarté la présence de norovirus, mais des investigations complémentaires sont en cours au CHU de Bordeaux pour confirmer ou infirmer cette piste. Les autorités n’excluent pas non plus une intoxication alimentaire et ont formellement écarté tout lien avec l’hantavirus, évoqué récemment dans un autre dossier maritime. Pour l’instant, aucune nouvelle hospitalisation massive n’a été rapportée, mais la prudence demeure de mise.
La situation illustre la fragilité sanitaire des navires de croisière : espaces confinés, populations âgées et rotations internationales favorisent la propagation rapide d’agents infectieux. Les médecins à bord et à terre travaillent à circonscrire l’épisode et à déterminer son origine. Les passagers attendent désormais les résultats des analyses avant de pouvoir débarquer et reprendre le voyage prévu vers l’Espagne.