Réduction proposée par trois États de l’Ouest
Trois États de l’Ouest — Arizona, Californie et Nevada — ont proposé lundi un accord qui pourrait changer la donne: réduire significativement leur prélèvement sur le Colorado pendant les trois prochaines années. L’objectif annoncé est d’économiser 3 millions d’acre‑pieds d’eau supplémentaires d’ici 2026, date d’expiration des règles actuelles de partage. Environ la moitié de ces économies devrait être réalisée d’ici la fin 2024.
Coupe temporaire volontaire et aides fédérales
Le plan mise sur des coupes temporaires acceptées volontairement par des villes, des districts d’irrigation et des tribus amérindiennes, en échange d’aides fédérales dont le montant n’a pas été précisé. Si l’effort est inférieur à ce que les autorités fédérales avaient estimé nécessaire l’an dernier pour éviter une crise plus grave, il représente néanmoins un pas concret après une année de blocage et d’accusations entre États rivaux.
Réactions du Bureau fédéral et position officielle
Bureau of Reclamation des États‑Unis observe le mouvement. Camille Touton, sa commissaire, a qualifié la proposition d’« un pas important ». L’agence a annoncé qu’elle suspendait pour l’instant sa propre proposition précédente — plus agressive — qui aurait pu contourner le système actuel de priorités d’eau et déclencher des batailles juridiques.
Terry Fulp, ancien directeur régional du Bureau pour le Lower Colorado Basin, résume la dynamique: « Au moins, ils parlent encore. Mais l’argent permet de maintenir la discussion. » Il souligne aussi le caractère temporaire de l’accord: « C’est un deal à court terme, sur trois ans. »
Importance régionale et limites de l’accord
La portée de l’enjeu est simple et massive. Le fleuve Colorado s’étend sur 1 450 miles (≈2 334 km) et alimente 40 millions de personnes dans sept États américains, certaines régions du Mexique et plus de deux douzaines de tribus amérindiennes. Il produit de l’hydroélectricité et irrigue des terres qui fournissent une grande partie des légumes d’hiver du pays; la baisse des niveaux de réservoirs comme Lake Powell et Lake Mead a rendu l’urgence impossible à ignorer.
Reste la grande question: l’accord sera‑t‑il adopté et suffira‑t‑il? Les États du bassin supérieur — Colorado, Nouveau‑Mexique, Utah et Wyoming — ne font pas partie du pacte, car ils ne subissent pas les mêmes coupes immédiates. Si le plan est validé, il évitera peut‑être une décision imposée par Washington basée sur les droits de priorité, mais il ne règle pas le problème structurel: le changement climatique et la surexploitation ont réduit durablement l’offre du fleuve. Les discussions se poursuivent; l’argent et la volonté politique détermineront si ce court répit devient un vrai point de départ.
