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Carney : Trump n’apprécie pas l’ACEUM

Mark Carney s’exprime devant des micros, avec Donald Trump en arrière-plan lors d’un événement public

Trump relance l’incertitude sur l’Accord Canada‑États‑Unis‑Mexique au G7

Donald Trump a relancé l’incertitude autour de l’Accord Canada‑États‑Unis‑Mexique en disant devant des journalistes, au sommet du G7 en France, qu’il « préférerait ne pas le signer » ou « y mettre fin ». Ses propos contradictoires — qualifier l’ACEUM d’« obsolète » tout en laissant la porte ouverte à un renouvellement — ont surpris à quelques semaines d’un calendrier crucial.

Réponse de Mark Carney et pressions sur les produits forestiers

Pourtant, le premier ministre Mark Carney n’en fait pas un drame. Lors d’une conférence de presse à Vancouver, il a rappelé que « ce n’est un secret pour personne que, ces dernières années, le président n’a pas été le plus grand partisan de l’ACEUM ».

Mais il a ajouté que des ajustements précis restent possibles, notamment sur les produits forestiers, un dossier où Ottawa continue de faire pression auprès des Américains. Carney a aussi qualifié ses échanges récents avec M. Trump de « très détaillés et de nature technique ».

Calendrier de réexamen, réunions annoncées et confirmations en suspens

L’ACEUM doit faire l’objet d’un réexamen obligatoire cette année, celui‑ci devant débuter d’ici juillet. Le Mexique a annoncé qu’une réunion conjointe virtuelle avec le Canada et les États‑Unis était prévue le 1er juillet, mais le cabinet du ministre Dominic LeBlanc n’a pas confirmé cette date.

Le Canada et le Mexique ont tous deux demandé une prolongation de 16 ans de l’accord. Si Washington dépasse la date butoir du 1er juillet, les déclarations de l’administration laissent entendre que cela déclencherait un mécanisme de réexamen annuel renouvelable pouvant s’étendre sur deux ans. En l’absence de toute mesure, a noté M. Carney, l’accord restera en vigueur pendant au moins la prochaine décennie. Il existe par ailleurs une option de résiliation avec un préavis de six mois.

Intérêts américains, secteurs mobilisés et propositions bilatérales

La suite dépendra autant de la politique intérieure américaine que des intérêts économiques en jeu. Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a reconnu que certains piliers de l’accord fonctionnent bien et s’est dit ouvert à la conclusion de deux accords bilatéraux distincts. Plusieurs secteurs américains, notamment l’agriculture et l’industrie automobile, réclament par ailleurs le maintien de l’ACEUM.

Quel avenir pour les chaînes d’approvisionnement nord‑américaines?

La réalité est simple : l’accord représente un filet économique pour des chaînes d’approvisionnement profondément intégrées, mais il vit sous la menace d’un président imprévisible. Les négociations qui s’amorcent cet été décideront si l’ACEUM se renforce, se fragmente en accords bilatéraux, ou se retrouve sur la sellette. Dans tous les cas, Ottawa continuera de plaider pour ses priorités sectorielles, et le calendrier politique américain restera le facteur le plus déterminant.

Publié le : 19 juin 2026
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