BUENODIA

Québec versera 1 milliard de plus aux municipalités

Bâtiment du gouvernement du Québec avec drapeau, devant des immeubles municipaux et une pile de pièces de 1 $

Une annonce symbolique de 1 milliard pour l’eau

Le gouvernement Fréchette débloque 1 milliard de dollars sur 10 ans pour aider les municipalités à entretenir ou remplacer leurs infrastructures d’eau. C’est présenté comme « un premier geste », mais les ministres eux‑mêmes admettent que la somme est symbolique face à l’ampleur du chantier.

Le gouvernement Fréchette annonce 1 milliard de dollars sur 10 ans pour l'entretien des infrastructures en eau. Le déficit de maintien d’actif des infrastructures en eau est évalué à plus de 40 milliards de dollars.

Pourquoi ce geste paraît dérisoire?

Pourquoi ce geste paraît dérisoire? Parce que Québec a déjà chiffré le déficit global d’entretien des actifs publics à près de 50 milliards, selon le ministre des Finances Eric Girard, qui estime qu’il faudrait consacrer 25 milliards sur 10 ans rien que pour les infrastructures provinciales. Le 1 milliard annoncé s’ajoute aux 2,4 milliards que la province a budgétés sur la même période, mais même combinées ces enveloppes ne couvrent qu’une fraction des besoins réels.

Les élus locaux tirent la sonnette d’alarme

Les élus locaux sonnent l’alarme: aqueducs, usines d’épuration et stations de traitement sont souvent à bout de souffle. Une quarantaine de municipalités sont déjà en moratoire de construction, car elles ont atteint leur capacité maximale, et ce nombre devrait augmenter si rien n’est fait. Le ministre Samuel Poulin dit que « tout est à reconstruire en même temps […] dans toutes les régions du Québec » et réclame que chaque ministère priorise l’entretien plutôt que les inaugurations.

Chiffres et l’exemple du Centre d’épuration de la Rive‑Sud

Les chiffres expliquent l’urgence. L’exemple du Centre d’épuration de la Rive‑Sud (CERS) est édifiant: l’estimation de 2018 pour son agrandissement est passée de 363 millions à 1,3 milliard en 2025. Face à de tels sauts, l’ancien ministre Nicolas Marceau, coauteur d’un récent rapport, notait que les coûts de construction augmentent de 7,8 % par année — une dérive « absolument intenable » si l’on veut juste réparer les routes et les réseaux existants.

Propositions financières et limites à l’action

Les pistes proposées par le rapport Jérome‑Forget–Marceau incluent la création d’un fonds provincial d’entretien en contrepartie d’une hausse de taxes municipales. Mais même ses auteurs reconnaissent que plus d’argent ne suffira pas sans freiner la hausse des coûts. Québec refuse pour l’instant d’imposer des compteurs d’eau — « cela relève de l’autonomie municipale », dit M. Poulin — et préfère songer à des incitatifs pour réduire la consommation.

Polémiques sur le modèle d’aménagement et ses coûts

Enfin, la politique se divise sur le modèle d’aménagement. Le ministre Samuel Poulin promeut des programmes pour favoriser des quartiers de maisons unifamiliales; l’organisme Vivre en ville, qui n’a pas été convié aux États généraux, juge cette orientation incohérente avec l’objectif déclaré de réduire le coût des infrastructures. « Ce type de croissance urbaine hypothèque les ressources des citoyennes et citoyens ainsi que les finances du Québec », relève Samuel Pagé‑Plouffe.

Le gouvernement a posé un geste. Il faudra bien plus de décisions claires — et d’arbitrages budgétaires — pour transformer ce premier pas en plan de sauvetage durable des réseaux d’eau.

Publié le : 16 juin 2026
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