
Deux rencontres, deux interprétations. L’entourage de la présumée « trama » liée à Leire Díez affirme que, l’année dernière, deux réunions se sont tenues avec Diego Villafañe, chef de la secrétairerie technique de la Fiscalía General de l’État.
Étaient présents Leire Díez et l’avocat Santos Cerdán, représenté par Jacobo Teijelo. Selon ces sources, les discussions ont porté sur des dossiers déjà instruits — notamment des procédures impliquant l’homme d’affaires Javier Pérez Dolset et certaines affaires liées aux hydrocarbures — que la trama prétend avoir été « construites artificiellement ».
« Deux réunions ont eu lieu l’année dernière avec Diego Villafañe », affirme l’entourage de la trama. Le juge Pedraz a demandé des informations sur d’éventuelles rencontres entre les membres présumés de la trama et des responsables de la Fiscalía.
Teijelo, pour sa part, refuse de confirmer la tenue des rencontres en invoquant le secret professionnel. Il nie cependant avoir jamais parlé des affaires de Pérez Dolset ni des dossiers hydrocarbures, et se montre formel : il n’a jamais évoqué négativement le procureur anticorruption José Grinda, n’a mené aucune démarche en sa faveur ou contre lui, et n’a aucun lien avec le comissaire Villarejo — dont il dit ignorer les dossiers.
L’entourage de Jacobo Teijelo oppose donc un démenti précis aux accusations implicites de manipulation judiciaire.
Du côté de la Fiscalía, la tonalité est plus institutionnelle que offensive. Les services du ministère public disent d’abord vouloir répondre au juge Pedraz avant de communiquer publiquement, par « respect institutionnel ».
Des magistrats consultés expriment ensuite leur surprise : il n’est pas rare, expliquent-ils, que la secrétairerie technique reçoive des personnes prétendant détenir des preuves de délits. Ils rappellent d’ailleurs que le propre chef du parquet anticorruption a lui-même eu des réunions avec Javier Pérez Dolset. En somme, ajoutent ces sources, des rencontres ont pu avoir lieu sans pour autant influer sur le cours des procédures.
Tous les interlocuteurs consultés insistent sur un point simple et net : il n’y a eu ni pacte avec Francisco Martínez, ni accord avec Villarejo, ni action visant José Grinda, ni suspension des affaires touchant le PSOE. Les dossiers, affirment-ils, ont suivi leur cours normal.
Reste la question politique : si des échanges ont eu lieu entre bureaucrates judiciaires et acteurs extérieurs, ont-ils modifié des enquêtes sensibles ? À ce stade, la Fiscalía renvoie au juge Pedraz, et aucune preuve publique n’établit que ces réunions aient entraîné une intervention sur des procédures en cours. Le dossier attend désormais la suite des investigations judiciaires.