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La Coast Guard en crise : salaires gelés en mai, missions sous tension

Garde-côtes américaine en uniforme sur le pont d’un navire, mer agitée et matériel de sauvetage en arrière-plan

Une paralysie financière qui prive de services essentiels

La Garde côtière américaine ne peut plus payer ses factures. À 75 jours du plus long arrêt partiel de l’histoire gouvernementale, elle traîne plus de 300 millions de dollars d’obligations impayées et fait face à plus de 6 000 factures de services publics en souffrance, soit environ 5,2 millions de dollars — des sommes qui commencent à couper l’eau, le gaz et l’électricité sur des bases et dans des logements militaires aux quatre coins du globe.

Coupures concrètes sur le terrain et impact sur les résidences

Des coupures concrètes ont déjà eu lieu : de l’eau coupée à Port Huron (Michigan) et à Station Channel Islands (Californie), des lignes de gaz verrouillées à Air Station Barbers Point (Hawaï), et un centre de recrutement de Saint-Louis obligé de travailler à la lampe torche après une panne. Même la résidence d’un contre-amiral à La Nouvelle-Orléans a été privée d’électricité ; sa famille a dû dormir à l’hôtel.

Près de 1 000 logements de la Garde côtière risquent des coupures, et 43 % des factures de logement sont impayées depuis plus de 30 jours. « On dirait un film d’horreur, mais c’est réel », confie l’amiral Kevin Lunday, commandant de la Garde côtière. « Soudain, les lumières s’éteignent. »

Conséquences humaines immédiates pour les membres et leurs familles

Le coût humain est immédiat. Le financement d’urgence accordé par action exécutive a permis de payer six semaines à certains employés au début d’avril, mais ces fonds sont maintenant épuisés : la Garde côtière n’aura plus de quoi payer le personnel à partir du 1er mai, et les premiers salaires manqués sont prévus pour le 15 mai. Des marins civils et militaires continuent cependant de se présenter au travail sans être payés — l’un d’eux, un ajusteur de Ketchikan (Alaska), a dû vendre sa voiture pour rembourser son prêt immobilier.

« Notre personnel et leurs familles sont furieux », dit Lunday. Des épouses comme Jessica Manfre racontent des familles qui puisent dans leurs économies, utilisent des cartes de crédit ou vont aux banques alimentaires pour tenir le mois.

Risque pour la sécurité nationale, les infrastructures et le commerce maritime

Les effets débordent sur la sécurité nationale et l’économie. La Garde côtière, qui compte près de 45 000 militaires en service actif, a annulé 30 exercices de sécurité nationale et stoppé des entraînements clés avant des événements comme la Coupe du monde. Les permis de travaux maritimes sont suspendus, mettant en péril des projets de ponts et des financements.

Par ailleurs, un retard de près de 19 000 certificats pour marins marchands — soit environ 10 % de la main-d’œuvre — et 5 000 certificats médicaux non traités empêche la croissance d’une flotte commerciale que l’Amérique cherche à reconstruire. Chaque année, quelque 5,4 000 milliards de dollars de commerce transitent par les voies navigables américaines ; la Garde côtière est chargée d’en assurer la sécurité.

« Aujourd’hui, la Garde côtière fonctionne en crise », avertit Lunday. Malgré cela, des équipes restent déployées dans des zones dangereuses — environ 300 en Moyen‑Orient — et continuent leurs missions. Mais l’incertitude salariale détourne l’attention, érode la préparation et pousse des personnels à contracter des dettes pour obéir aux ordres. Quand on leur demande combien de temps ils tiendront, la réponse est nette : ils tiendront « aussi longtemps qu’ils le pourront ».

Publié le : 30 avril 2026
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