
Le 14 avril, Emmanuel Grégoire préside son premier Conseil de Paris réunissant 163 conseillers. C’est le démarrage officiel d’un mandat né des municipales des 15 et 22 mars : la gauche unie, hors LFI, tient la majorité avec 103 sièges ; l’opposition, rassemblant les listes de Rachida Dati et Sophia Chikirou, totalise 60 élus.
La nouvelle majorité ressemble à un patchwork organisé plutôt qu’à un bloc monolithique. Le groupe socialiste et apparentés reste le plus important avec 54 membres, co-présidé par Jérôme Coumet, maire du 13e, et la députée Céline Hervieu.
On y trouve aussi des élus de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Le groupe écologiste et social a nettement grossi : il compte 36 représentants contre 25 lors de la précédente mandature, ce qui renforce la voix écologique au sein de l’Hôtel de Ville. Les communistes, portés par Ian Brossat et Raphaëlle Primet, rassemblent 13 conseillers.
La France insoumise entre pour la première fois au Conseil de Paris avec un groupe de neuf élus. Le « Nouveau Paris Populaire » sera présidé par Sophia Chikirou. « Nous sommes 9 conseillers d’opposition de gauche, mais je vous garantis un ressenti de 90 dans les prochaines semaines », a-t-elle lancé, signalant que le poids politique ne se mesure pas seulement en sièges mais en capacité d’action.
La liste menée par Rachida Dati a obtenu 51 sièges mais se scinde en trois groupes. Paris Liberté, dirigé par Rachida Dati et Grégory Canal, devient le principal groupe d’opposition avec 32 conseillers ; on y retrouve notamment Sylvain Maillard, député proche d’Emmanuel Macron, et Benjamin Haddad, ministre de l’Europe.
Quelques semaines après le second tour, 11 colistiers de Pierre-Yves Bournazel ont pris leurs distances pour former « Paris Apaisé », présidé par Florence Berthout (maire Horizons du 5e) et Antoine Lesieur. Enfin, le MoDem a constitué un groupe autonome de huit élus, qui comprend Maud Gatel et Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement.
Ce découpage traduit une opposition éclatée mais politiquement diverse : plus de voix pour contester, mais moins d’unité pour répondre. À l’inverse, la majorité dispose d’une assise confortable, mais elle devra ménager des équilibres entre socialistes, écologistes, communistes et autres alliés pour transformer les grandes orientations en décisions concrètes.
En clair : la physionomie du Conseil change sans basculer radicalement. Les rapports de force restent serrés, et le vrai test commencera lorsque les compromis seront réclamés sur le budget, l’urbanisme et les politiques sociales — domaines où les coalitions internes compteront plus que le simple nombre de sièges.