
Au large d’Oman et près des côtes iraniennes, la mer s’envenime: tirs, saisies et navires immobilisés se multiplient, malgré une trêve et des appels à la désescalade. Les Gardiens de la révolution ont saisi deux navires en infraction et les ont dirigés vers la côte iranienne. Un cargo situé à huit milles nautiques à l’ouest de l’Iran a signalé avoir essuyé des tirs et être actuellement immobilisé en mer; l’équipage est sain et sauf, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Par ailleurs, un porte-conteneurs a été endommagé au large d’Oman après l’approche d’une vedette du Corps des Gardiens de la révolution, sans faire de victimes mais avec des dégâts importants à la passerelle. Le Royaume‑Uni accueille cette semaine des militaires d’une trentaine de pays pour planifier une mission, dirigée par Londres et Paris, destinée à protéger la navigation dans le détroit d’Ormuz et préparer sa réouverture dès que possible. Les manœuvres navales se déroulent tandis que les tensions régionales restent explosives.
À Téhéran, la parole officielle joue la carte de la normalité. Le ministre de l’Agriculture, Gholamreza Nouri, a assuré mardi que l’Iran pouvait continuer à fournir des produits de première nécessité malgré le blocus naval américain, en soulignant que "environ 85 % des produits agricoles et des biens de première nécessité sont produits localement". Il a ajouté que la taille du pays permettait d’importer par différentes frontières.
Dans le même temps, la répression interne se durcit: le site du pouvoir judiciaire iranien, Mizan Online, a annoncé que Mehdi Farid "a été pendu ce matin" après condamnation pour "coopération en matière de renseignement et d’espionnage au profit du régime sioniste".
La diplomatie tente de colmater les brèches. Un porte‑parole chinois, Guo Jiakun, a dit que Pékin était prêt à continuer à jouer un rôle "constructif" pour empêcher une reprise des hostilités, estimant que la région est "à un moment critique de transition entre la guerre et la paix". Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a salué l’annonce du cessez‑le‑feu comme une "avancée importante vers la désescalade", tandis que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur entre Washington et Téhéran, a salué l’extension de la trêve.
Sur le terrain, la violence persiste: une frappe israélienne dans l’ouest de la Békaa a tué une personne et en a blessé deux, selon l’agence nationale d’information libanaise. Et la polémique perdure côté israélien: l’armée a infligé 30 jours de détention militaire à deux soldats pour avoir vandalisé une statue de Jésus dans le village maronite de Debel.
Aux États‑Unis, la guerre alimente un nouveau boom industriel. Les entreprises de défense signalent une hausse des commandes au premier trimestre, alimentée par les conflits en Ukraine et à Gaza.
"Donald Trump a proposé un budget 2027 pour la défense nationale de 1 500 milliards de dollars", a déclaré Jules Hurst, sous‑secrétaire à la Défense; selon lui, cette hausse devrait dynamiser la production d’armements et soutenir des milliers d’entreprises. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a parallèlement affirmé que "l’Iran s’effondre financièrement" et a assuré que le pays perdrait "500 millions de dollars par jour" à cause du détroit fermé.