
Le 26 mars, le procès des présumés meneurs de la DZ Mafia a déraillé à Aix‑en‑Provence. Des avocats ont quitté la barre, plusieurs accusés ont refusé de comparaître et la cour a dû arbitrer une bataille procédurale autour de l’absence d’une enquêtrice. L’affaire concerne six hommes jugés pour l’assassinat, en août 2019, d’un narcotrafiquant marseillais et d’un de ses proches.
Tout a tourné autour d’une capitaine de police qui, selon la défense, a quitté le palais de justice en pleine audience mercredi sans prévenir, privant certains avocats de l’interroger. L’officier, chargée d’une partie de l’enquête, avait déjà répondu aux questions de l’accusation et de deux conseils avant de s’absenter lors d’une interruption. Les défenseurs ont dénoncé une atteinte au procès équitable et demandé sa comparution forcée : « On a mis des menottes à un avocat, on peut les mettre à une policière », a lancé Me Christine d’Arrigo.
La cour a appris que l’enquêtrice bénéficiait d’un arrêt de travail jusqu’au 1er avril et a différé sa décision sur une contrainte à comparaître au 2 avril. Elle a refusé en revanche de renvoyer le procès et a rejeté la suspension des débats au motif que la loi n’autorise pas une suspension pour l’indisponibilité médicale d’un témoin.
La défense a aussitôt claqué la porte. « Vous nous emmenez gentiment en balade… le cirque s’arrête », a ironisé Me Raphaël Chiche en partant.
Privés de leurs conseils, plusieurs prévenus se sont emportés dans le box. « C’est une pièce de théâtre, faut arrêter », a crié Zaineddine Ahamada.
Amine Oualane a parlé d’un « procès bidon » et s’est comparé à « un chien » devant la présidente, avant d’annoncer qu’il ne comparaîtrait plus jusqu’au 2 avril. Cofondateur présumé de la DZ Mafia, Gabriel Ory a nié être un « cadre » du cartel : « On m’accuse d’être un cadre de la DZ Mafia alors que je ne le suis pas. C’est une mascarade. Six ans que j’attends de me défendre. »
Du côté de l’accusation, les deux avocates générales ont regretté le départ des conseils et le refus de comparaître, jugeant la situation « dommageable » pour les prévenus. Elles prévoient que la défense opposera à nouveau une « rupture » le 2 avril.
Le procès doit néanmoins se poursuivre : l’audition des témoins, dont le directeur vendredi, aura lieu devant des bancs de la défense vides. Chaque matin, un huissier sommatera les prévenus de comparaître ; chaque soir, la greffière leur transmettra le compte rendu de l’audience en détention. La procédure continue, mais l’ombre d’une nouvelle interruption plane toujours.