
Elon Musk, via xAI, alimente son énorme centre de données sans que personne ne semble contrôler la pollution. À Southaven, dans le Mississippi, 46 turbines à gaz tournent jour et nuit pour fournir l’électricité à Colossus 2, le data center de xAI situé juste de l’autre côté de la frontière d’État, à Memphis (Tennessee).
À Southaven, dans le Mississippi, 46 turbines à gaz alimentent Colossus 2, le data center de xAI situé à Memphis (Tennessee). Southern Environmental Law Center et Earthjustice estiment que ces turbines pourraient émettre plus de 2 500 tonnes d'oxydes d'azote par an, selon le Southern Environmental Law Center et Earthjustice.
La mécanique du contournement est simple et froide. Le Mississippi Department of Environmental Quality (MDEQ) qualifie ces générateurs de “mobiles” parce qu’ils sont installés sur des remorques à plateau.
Cette classification les exonère, pendant un an, des permis environnementaux et de la surveillance classique des émissions. En pratique, les turbines sont boulonnées sur leurs remorques, raccordées en permanence au data center et fonctionnent comme des installations fixes — sauf qu’elles restent officiellement “temporaires”.
Des avocats et des organismes environnementaux contestent cette interprétation. Le Southern Environmental Law Center, qui représente la NAACP dans ce dossier, rappelle que le Clean Air Act considère comme “stationnaire” toute source d’énergie qui n’est ni autopropulsée ni destinée à se déplacer pendant son fonctionnement. Pour le SELC, des turbines solidement fixées et alimentant en continu un data center ne tombent pas sous la définition de mobile.
La chronologie aggrave la controverse. En février 2026, la NAACP adresse une mise en demeure à xAI au sujet de 27 turbines sans permis.
En mars, l’État du Mississippi donne un permis pour 41 turbines permanentes, décision aussitôt contestée par le SELC. En avril, la NAACP porte l’affaire devant une cour fédérale. Entre fin mars et début mai, xAI ajoute encore 19 turbines, faisant passer le total à 46 générateurs “temporaires‑mobiles” qui restent hors de tout contrôle officiel.
Les conséquences sanitaires sont déjà mesurables sur le papier. Les avocats et ONG estiment que ces équipements pourraient rejeter plus de 2 500 tonnes d’oxydes d’azote (NOx) chaque année, des polluants associés à l’asthme et à d’autres maladies respiratoires.
La région de Memphis est déjà en infraction sur les normes fédérales d’ozone; Memphis et l’American Lung Association notent que deux comtés voisins ont reçu une note “F” pour la pollution à l’ozone de la part de l’American Lung Association.
La bataille juridique déterminera si l’État accepte que des générateurs montés sur remorques échappent durablement aux règles qui s’appliquent aux installations fixes. Pour l’instant, turbines et tribunaux ronronnent en parallèle — et les riverains respirent les conséquences.