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Épidémie d’Ebola en RDC : l’OMS alerte sur une hausse des morts

Agent de l’OMS en RDC en combinaison de protection, devant un centre de traitement Ebola et une ambulance

Alerte sanitaire et chiffres clés

Les autorités sanitaires tirent la sonnette d’alarme : l’épidémie d’Ebola qui ravage l’est de la République démocratique du Congo continue de monter en puissance. Il y a désormais 600 cas suspectés et 139 décès suspectés, et ces chiffres devraient encore augmenter du fait du temps nécessaire pour détecter le virus. Cinquante et un cas ont été confirmés en RDC; deux en Ouganda.

Épicentre, villes touchées et cas transfrontaliers

L’épicentre se trouve en Ituri, dans le nord‑est, où Mongwalu, Bunia, Rwampara et Nyakunde concentrent la majorité des cas. Le premier patient connu était une infirmière qui a développé des symptômes et est décédée le 24 avril à Bunia ; son corps a été ramené à Mongwalu, une des deux villes minières touchées.

Dans la province voisine du Nord‑Kivu, des cas ont été signalés à Goma et à Butembo. Les deux cas confirmés à Kampala, capitale de l’Ouganda, concernaient des personnes récemment revenues de la RDC.

La souche Bundibugyo et les incertitudes médicales

Le virus en cause est le genre Bundibugyo, rare et problématique. Cette souche n’avait pas été observée depuis plus d’une décennie et n’a provoqué que deux épidémies précédentes, avec un taux de mortalité d’environ un tiers des personnes infectées. Il n’existe pas de vaccin approuvé ni de traitements ciblés pour Bundibugyo ; des vaccins expérimentaux sont en développement et il est possible qu’un vaccin conçu contre la souche Zaire offre une certaine protection, mais cela reste incertain.

Décisions de l’OMS, défis opérationnels et appels à l’action

Face à ces incertitudes, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré l’épidémie « urgence de santé publique de portée internationale ». Après réunion, le comité d’urgence de l’OMS a estimé que la situation « n’est pas une urgence pandémique ».

L’agence juge le risque élevé au niveau national et régional, mais faible au plan mondial. « Nous savons que l’ampleur de l’épidémie en RDC est bien plus importante », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, ajoutant que la flambée avait probablement commencé « il y a quelques mois ».

La combinaison d’une souche peu connue, de l’absence de contre‑mesures éprouvées et d’un terrain déjà fragilisé par des années de conflits rend la riposte particulièrement ardue. Les zones minières et les déplacements de population compliquent la traçabilité des cas et la vaccination des contacts. Sur le terrain, les équipes doivent agir vite pour contenir des foyers dispersés et limiter la propagation vers d’autres régions.

Si la priorité reste d’endiguer la transmission locale, la communauté internationale suit la situation de près. Les autorités sanitaires locales et l’OMS appellent à renforcer la surveillance, accélérer l’accès aux vaccins expérimentaux et soutenir les services de santé déjà à bout de souffle. La course contre la montre est lancée : sans médicaments ciblés ni vaccin certifié contre Bundibugyo, chaque jour compte.

Publié le : 20 mai 2026
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