
Le 11 avril 2026, les délégations américaine et iranienne se retrouvent à Islamabad pour des négociations directes sous la médiation du Pakistan. Le cessez‑le‑feu est entré en vigueur il y a quatre jours; les discussions, ouvertes samedi après‑midi, pourraient se prolonger tard dans la nuit, voire jusqu’à dimanche. L’enjeu est simple : transformer une trêve fragile en stabilité durable — ou voir le conflit repartir.
Le cessez‑le‑feu est entré en vigueur il y a quatre jours. Deux destroyers américains ont franchi le détroit d’Ormuz pour "poser les conditions" d’un déminage.
Washington dit vouloir sécuriser le passage maritime le plus stratégique de la région pour permettre la reprise du trafic commercial et empêcher de nouvelles provocations. L’armée américaine affirme avoir commencé le déminage et a justifié le franchissement par deux destroyers du détroit d’Ormuz comme une étape nécessaire pour "poser les conditions" d’une opération plus large. De leur côté, les Iraniens jugent les demandes américaines « excessives » : la question du contrôle et de la sécurité du détroit reste un point de crispation majeur.
Ces premières négociations directes entre envoyés américains et iraniens ont un caractère à la fois politique et opérationnel. Politique, parce qu’elles testent la volonté réelle des deux camps d’enclencher un dialogue durable ; opérationnel, parce que les manœuvres navales et les opérations de déminage peuvent modifier très vite la donne sur le terrain. Islamabad, attentif à ne pas apparaître comme pris d’un côté ou de l’autre, joue le rôle de facilitateur : assez neutre pour accueillir la table, assez influent pour tenter d’arracher des compromis.
Le dossier iranien se ramifie ensuite au Liban et en Israël. Dans une allocution télévisée, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a fixé deux conditions aux futures négociations avec Beyrouth : « nous voulons le désarmement du Hezbollah et nous voulons un véritable accord de paix qui tiendra pour des générations ».
Il a aussi revendiqué les effets des frappes israéliennes contre l’Iran, affirmant que son pays avait « anéanti » les programmes nucléaire et balistique iraniens. Dans des mots crus, il a ajouté : « [Les dirigeants iraniens et leurs alliés] voulaient nous étrangler, et (maintenant) c’est nous qui les étranglons. Ils nous menaçaient d’anéantissement, et maintenant ils se battent pour leur survie. »
La juxtaposition de pourparlers à Islamabad, d’opérations navales dans le détroit d’Ormuz et de déclarations publiques à Tel‑Aviv illustre la complexité du moment : les gestes militaires et les négociations diplomatiques avancent en parallèle, chacun pouvant annuler l’autre en quelques heures. Les prochaines 48 heures seront cruciales pour savoir si la trêve tiendra et si une coordination minimale entre militaires et diplomates permettra de sortir de l’escalade.