
Paris a payé cher pour un projet qui n’a jamais vu le jour. L’entreprise Eko Events, lauréate d’un appel à projets en février 2017, avait obtenu l’autorisation d’exploiter le parking souterrain des Deux‑Moulins (route Nationale, 13e) pour y implanter Urban Kart Paris : un circuit électrique sur deux niveaux, présenté comme « l’un des plus grands circuits de kart en intérieur d’Europe », mêlant son, lumière, projections et gamification. Après des reports et « différents imprévus », la Ville a finalement choisi d’abandonner le projet au profit d’un parking de stationnement.
La convention d’occupation du domaine public (CODP) avait été portée initialement à dix ans. Le 8 mars 2018, Eko Events recevait le feu vert pour lancer l’exploitation ; la convention avait ensuite été prolongée jusqu’au 31 décembre 2031. Pourtant, le 27 juillet 2022, la mairie a résilié la convention par courriel. Cette rupture a déclenché une bataille juridique dont l’addition vient d’être rendue publique.
La Ville de Paris a été condamnée à verser plus de 800 000 euros à Eko Events. La convention d’occupation du domaine public avait été résiliée par courriel le 27 juillet 2022.
Ces deux phrases résument le coup dur : après avoir retiré l’agrément et transformé l’espace en parking, la municipalité se voit aujourd’hui contrainte de réparer financièrement le préjudice subi par l’exploitant. Le montant — supérieur à 800 000 euros — couvre les investissements engagés et les recettes espérées perdues, selon la décision de justice. Pour la mairie, il s’agit d’un dossier sensible : la décision d’abandonner un projet culturel et touristique au profit d’un usage utilitaire a des conséquences budgétaires et politiques.
Au‑delà du chiffre, le dossier illustre la difficulté pour une collectivité de gérer des projets privés sur le domaine public : anticipation des risques, responsabilité dans la conduite des travaux, dialogue avec l’exploitant. Eko Events, qui se présentait comme spécialiste de l’événementiel écoresponsable, n’a pas vu se concrétiser l’expérience immersive promise aux Parisiens. La Ville, pour sa part, devra répondre aux questions sur les raisons exactes de l’abandon et sur la manière dont elle a géré les prolongations et la résiliation de la convention.
Reste une image nette : un sous‑sol métropolitain promis à la fête qui finit en parking — et une facture transférée aux contribuables. La justice a tranché sur le plan financier ; le débat politique et administratif autour de ces choix reste ouvert.