
Le vendredi, Emmanuel Macron et Keir Starmer coanimeront une vidéoconférence destinée à dessiner une réponse européenne à la crise qui paralyse le détroit d'Ormuz. L'objectif annoncé est simple : créer une "mission multilatérale et purement défensive" pour rétablir la liberté de navigation dès que les conditions de sécurité le permettront. Des pays « non-belligérants » prêts à contribuer y sont invités.
Le plan reste flou. Paris et Londres n'ont pas publié la liste des participants et n'ont pas précisé le format opérationnel de la mission — escorte navale, surveillance aérienne, patrouilles ou simple présence diplomatique. Un porte-parole du Premier ministre britannique a indiqué que l'initiative vise à "pousser plus loin l'effort international construit ces dernières semaines pour assurer la liberté de navigation", sans dire comment elle calmerait immédiatement les tensions.
Le calendrier politique explique cependant l'urgence. Après des frappes américano-israéliennes sur l'Iran en février, la région a basculé vers un conflit élargi et la circulation dans le détroit est pratiquement à l'arrêt, provoquant une remontée des prix du pétrole et du gaz. Les négociations de paix entre Téhéran et Washington ont abouti à un cessez-le-feu de deux semaines, puis ont échoué lors de discussions de fond le week-end dernier.
En réaction, le président américain Donald Trump a menacé de bloquer les navires entrant ou quittant le détroit pour faire pression sur l'Iran afin d'obtenir un accord sur son programme nucléaire et rouvrir la voie maritime. Emmanuel Macron a pour sa part déclaré sur X qu'il avait parlé lundi avec Donald Trump et le président iranien Masoud Pezeshkian — preuve que Paris cherche à ménager plusieurs canaux de dialogue simultanément.
La proposition franco-britannique apparaît donc à la fois comme une tentative de reprendre la main diplomatique et comme un contrepoids aux pressions américaines. Pourtant, plusieurs inconnues persistent : la crédibilité militaire d'une mission "non-belligérante", le risque d'escalade si des forces étrangères escortent des pétroliers, et l'accueil que réservera l'Iran à une présence occidentale renforcée.
Le détroit d'Ormuz est stratégique : un tiers du pétrole mondial transite par ce passage. Le défi est aussi politique que pratique. Réunir des alliés prêts à apparaître comme neutres sans provoquer Téhéran exigera de la finesse — et du temps que ni les marchés ni les marins n'ont forcément à leur disposition.
Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Keir Starmer coanimeront une vidéoconférence vendredi pour établir un plan de sécurisation du détroit d'Ormuz. La proposition vise une "mission multilatérale et purement défensive" rassemblant des pays non-belligérants.