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Fréchette espère « les tarifs les plus bas possibles » de Trump

Fréchette en conférence de presse devant des micros, avec un drapeau canadien en arrière-plan.

Christine Fréchette veut de la prévisibilité dans les échanges

Christine Fréchette veut de la prévisibilité. La première ministre du Québec dit avoir eu « une bonne rencontre » avec l’ambassadeur des États‑Unis Pete Hoekstra et réclame « un cadre stable qui va nous permettre de commercer avec les Américains de manière prévisible, avec une absence, si possible, de tarifs ou des tarifs les plus bas possibles ».

Menaces tarifaires et rhétorique présidentielle américaine

Elle parle en connaissance de cause : les menaces tarifaires de Washington planent sur des secteurs clés du Québec. Le président américain Donald Trump pourrait imposer de nouveaux tarifs de 10 % sur des produits canadiens.

Mardi, il a ravivé une rhétorique agressive en évoquant, encore, l’idée que le Canada devienne le 51e État américain pendant qu’Ottawa traverse une récession technique. Pete Hoekstra a relayé les propos de son patron sur X juste avant de rencontrer la première ministre, un geste qui n’a rien d’anodin au moment où se tiennent des discussions en vue d’un nouvel accord de libre‑échange.

Riposte à Québec et défense contre l’accusation de travail forcé

À Québec, la riposte est nette. Le ministre des Affaires internationales, Christopher Skeete, juge ces nouveaux tarifs « fondés sur une fausse prémisse » et nie catégoriquement l’accusation américaine selon laquelle le Canada tolérerait le travail forcé.

« C’est faux », tranche‑t‑il, rappelant que la loi canadienne interdit même le travail forcé des détenus, selon lui. Malgré la crispation, M. Skeete décrit la réunion avec l’ambassadeur comme positive : les tarifs sur l’aluminium « font très mal au secteur, mais aussi aux consommateurs américains », a‑t‑il souligné.

Minéraux critiques : convoitise et enjeux de souveraineté

Le dossier des minéraux critiques change pourtant la donne. Le sous‑sol québécois suscite la convoitise des États‑Unis, qui cherchent à sécuriser des fournisseurs hors d’Asie pour alimenter batteries et technologies propres.

« On cherche justement à libéraliser le marché des minéraux critiques, actuellement contrôlé surtout par des États asiatiques. On est fortement dépendants de ces chaînes de valeur », explique M. Skeete. Autrement dit : Ottawa et Québec pourraient devoir concéder l’accès à certaines ressources en échange d’une relation commerciale plus stable.

Une relation pragmatique pour protéger des filières clés

Contrairement au reste du Canada, le ministre affirme que le Québec « travaille de manière constructive » avec Washington, même s’il reconnaît que les Américains restent un interlocuteur difficile. Pour la province, l’enjeu est simple et brutal : préserver l’accès aux marchés américains pour des filières — aluminium, acier, bois d’œuvre, minéraux — qui structurent son économie, tout en évitant que le ton diplomatique ne dégénère en sanctions durables.

La partie est loin d’être jouée. Entre les tweets présidentiels, les occasions de négociation et la pression sur les chaînes d’approvisionnement, Québec tente d’équilibrer fermeté politique et pragmatisme économique pour garder ses industries à flot.

Publié le : 4 juin 2026
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