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Grève périscolaire à Paris : services fermés dans 200 à 300 écoles

Grève périscolaire à Paris : parents et enfants devant une école, portail fermé et affiche de grève

Mouvement des animateurs périscolaires à Paris monte d’un cran

Ce mardi 19 mai 2026, les animateurs périscolaires de Paris montent d’un cran. Appelés à la grève depuis le 11 mai, ils manifestent devant la Direction des affaires scolaires, à Bastille, avant de défiler vers l’Hôtel de Ville où se tient le premier Conseil de Paris ordinaire d’Emmanuel Grégoire. L’intersyndicale (sept syndicats) table sur des fermetures de services périscolaires dans « 200 à 300 » des 620 écoles de la capitale, et signale que des services de cantine pourraient être supprimés.

Le mouvement n’est pas isolé : la grève, qui court jusqu’à vendredi, a déjà touché environ 300 écoles depuis lundi dernier, selon la CGT. La mairie, elle, comptait entre 452 et 628 grévistes la semaine précédente. Quatorze mille animateurs sont concernés par l’appel à la manifestation.

Origines de la colère autour des agressions présumées

Pourquoi la colère ? Tout part du scandale des agressions sexuelles présumées dans le périscolaire et de la réponse de la mairie. Depuis le lancement du plan d’action du maire PS, les syndicats dénoncent « la politique de répression » et un « climat de suspicion généralisée et d’arbitraire ».

« Les suspensions explosent, sans accompagnement des agents et des équipes concernées », affirment-ils. Depuis le début de 2026, 78 agents de la ville ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.

La défense d’Emmanuel Grégoire et les mesures annoncées

Emmanuel Grégoire assume sa ligne. Lors de l’installation d’une « convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant », il a défendu le principe de suspension : « Ce principe intangible de suspension, les agents le trouvent trop dur, je le trouve nécessaire tant qu’on n’a pas rebâti les conditions de la confiance. »

Il a ajouté qu’il préférait « se faire houspiller par les syndicats » plutôt que d’être contraint de se justifier auprès des parents après des décisions trop laxistes. La mairie assure tout de même avoir mis en place un groupe de travail pour « faire preuve de discernement » entre violences éducatives ordinaires et violences sexuelles lors des suspensions.

Revendiations salariales, moyens et réactions politiques

Sur le terrain social et salarial, les syndicats jugent les mesures insuffisantes. Le maire a annoncé un plan de 20 millions d’euros ; l’intersyndicale le qualifie de « totalement insuffisant » face à des métiers « en sous-effectif chronique ».

« Nous avons besoin d’annonces fortes et rapides sur des moyens pour le périscolaire », dit Nicolas Léger (Supap‑FSU). Rachida Dati, coprésidente du premier groupe d’opposition, estime que ces 20 millions doivent être « consacrés à la revalorisation du statut et des salaires des agents ».

78 agents ont été suspendus depuis début 2026, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles. L’intersyndicale estime que les services périscolaires seront fermés dans 200 à 300 écoles sur 620.

Publié le : 19 mai 2026
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