
Dans la nuit de jeudi, l’Ukraine a lancé la plus importante attaque de drones contre Moscou depuis au moins deux ans. Les explosions ont déclenché des incendies aux abords de la capitale, perturbé le principal aéroport et touché une raffinerie majeure, selon les autorités russes et ukrainiennes.
« Le principal, c’est que le peuple russe commence à sentir qu’un seul homme, Poutine, mène cette guerre », a déclaré Volodymyr Zelensky dans un message audio. « Nous ne voulons pas cette guerre et ne l’avons jamais voulue (…) Mais si l’Ukraine brûle, votre Moscou brûlera aussi. » Il a qualifié l’opération de « riposte justifiée » aux frappes russes contre des villes ukrainiennes et l’a présentée comme le fruit du travail des combattants ukrainiens visant les installations qui soutiennent la machine de guerre russe.
L’attaque a visé la MNPZ, une raffinerie située dans le quartier de Kapotnia (sud-est) appartenant à Gazpromneft. La MNPZ assure plus d’un tiers des besoins en carburant de Moscou, notamment pour ses aéroports. Une alerte aérienne a été déclenchée à l’aéroport de Chérémétievo : passagers, personnels et avions ont été évacués vers des abris. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a parlé d’une « attaque à grande échelle » et précisé sur Telegram que 43 drones avaient été détruits par la défense antiaérienne pendant la nuit.
L’attaque sur la raffinerie intervient après une précédente offensive de drones mardi qui visait déjà la MNPZ. Les forces russes affirment avoir repoussé une partie des assaillants, mais plusieurs projectiles ont néanmoins atteint la zone industrielle et provoqué des incendies.
Le 18 juin 2026, Vladimir Poutine recevait à Kazan des dirigeants asiatiques pour un sommet Russie‑ASEAN. Lors de la session plénière jeudi matin, le président russe n’a pas évoqué l’attaque contre Moscou. Aux premières heures de la même journée, une frappe de missiles a visé la ville de Kiev ; Tymour Tkatchenko, chef de l’administration militaire de Kiev, a confirmé l’attaque sans faire état pour l’instant de victimes ni de dégâts majeurs.
Sur le plan international, la guerre reste au cœur des débats : lors du sommet du G7 à Évian, Donald Trump a estimé mardi que la Russie « devrait conclure un accord » et a laissé entendre que Washington pourrait réimposer des sanctions levées à Moscou. La violence monte en puissance des deux côtés, et les frappes réciproques frappent plus fréquemment des infrastructures civiles et logistiques essentielles. Quarante-trois drones ont été détruits, selon les autorités moscovites. La raffinerie MNPZ fournit plus d’un tiers du carburant de la capitale.