
Il y a neuf ans, en mai 2017, une image troublante a été filmée sur le Putney Bridge, dans le sud-ouest de Londres : une joggeuse semble pousser une femme dans la trajectoire d’un bus. La vidéo montre le bus se déporter brusquement dans la voie adjacente pour l’éviter. La victime n’a pas été gravement blessée, mais l’image est restée sans réponse judiciaire durable pendant des années.
L'incident s'est produit en mai 2017 sur le Putney Bridge, dans le sud-ouest de Londres. Sgt Mat Knowles avait résumé la scène à l’époque : « Ce n’est que grâce aux réactions extrêmement rapides du conducteur du bus qu’elle n’a pas été heurtée par le véhicule. » Les enquêteurs avaient alors exploité des heures de vidéosurveillance et interrogé de nombreuses personnes, sans aboutir.
Après l’enquête initiale, la police a officiellement classé le dossier en 2018, après avoir identifié plus de 50 personnes d’intérêt et arrêté trois hommes qui ont ensuite été relâchés sans charge. Les détectives avaient estimé que toutes les pistes avaient été épuisées, laissant l’affaire en suspens malgré la clarté de l’enregistrement.
Un homme de 44 ans a été arrêté lundi, soupçonné de tentative de lésions corporelles graves. La garde à vue a toutefois pris une tournure différente : pendant sa détention, l’homme a été de nouveau arrêté, cette fois pour possession de stupéfiants de classe A et B. Il a depuis été remis en liberté sous caution, selon la Metropolitan Police.
La réouverture tacite de l’affaire interroge. Pourquoi cette arrestation maintenant, près d’une décennie après les faits, alors que la première enquête avait été close ? Les autorités n’ont pas donné de détail public sur ce qui a motivé la nouvelle arrestation ni sur l’identité de la personne mise en cause. Reste la vidéo, preuve muette qui a relancé, pour un temps, une affaire qui semblait enterrée.
La scène sur Putney Bridge a laissé des témoins et des riverains surpris par la violence apparente d’un geste filmé en plein jour. Pour l’instant, la procédure suit son cours : interrogatoires, vérifications ADN et exploitation d’images ont déjà été tentés par les enquêteurs il y a plusieurs années. La question centrale demeure : cette nouvelle étape mènera-t-elle enfin à des charges formelles, ou l’enquête retombera-t-elle une fois encore dans l’impasse ?